II
LA DE(;oi'vi':RTii: du i:niMK :i!i
Cn peu plus loin, à gauche, (Uns un chemii) her- Leus, apparut la voiture, le derrière tourné du cûlé de la roule, tous les paquets éjiars sur le blé, quelques uns formant un gros monceau.
Dou\ des chevaux de I» malle sur Iruîs rl.iicnt allachéa là h un arbre et broulaieiit l'hcrljc auprès d'eu\, tranquillement, comme si rien d'anormal ne s'était passé quelques heures auparavant.
Tout autour, dans le champ de blé. que les gendarmes dirent appartenir à Pierre Charron fils, laboureur à Pouillv-Ie-Fod, l'herbe déjà haute était foiitéc par endroits, piétinéc.
C'était là que gisait le cadavre ciisnnglanté ilu courrier ExcofTon .
L'Instrument dont on s'était servi pour le tuer devait être un couteau-poignard avec tequci Irnis plaies pmfondes lui avaient été faite» à la poilrinc et au vonli'c; le cou était tailladé d'un amp de satu-c.
Laissant l'ofTicier de ^nlé Balu l'oiro pris des ciidavres toutes cCs conslalatioiia, le juge Beau revint >cis la voiture et les paquets saccagés. On reirouva épars, après quelques recherches, une houppelande giisc bordée de bleu, un sabre cassé portant sur l,i laïue, sinislre ironie, l' inscription, d'un côté : " l'honneur nie conduit Ji, de l'autre : u pour le salut de ma patrie », le fourreau d'icelui avec un ceinturon de niaroijuin rouge, un éperon argenlé', une gaine de couteau, une paire de lunettes avec l'étiii; enfin, un portefeuille appartenant au courrier Eicoffon et (^ue les assassins a^aLenl négligé, bien qu'il .contint 360 libres en assignats, des papiers, (les lellree, un billet de 40 livres payable à M,\rseille. deux paquets d'assignats de 3000 livres'.
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Ces objets ayanl élé soigneusement inventoriés, le citoyen Beau fit rcatleler les deux chevaux de la malle, y plaça les cadavres ainsi que tout ce qui avait pu être retrouvé et chargea Julien de ramener à Melun la voilure du malheureux Audebert, avec permis d'inhumer les victimes, puisqu'on n'avait aucun doute sur leur identité et qu'ils étaient parfaitement reconnus.
Toutes ces rechef ches' et ces formalitcs avaient demandé un assez long temps, car les magistrats ne purent èlrc de retour à Molun avant quatre heures du soir.
1^ juge de pais procéda aussitôt à l'examen des divers paquets et au dépouillement des pitpiers retrouvés sur le lieu du crime. Ils éUiient généralement peu intéi-essants. Les dix boites de bois blanc qui avaient contenu les assignats étaient complètement brisées. Elles portaient la marque de la Trésorerie et l'adresse des différents payeurs. 11 y avait aussi plusieurs ballots de marchandises expédiées à des particuliers : des élolTes,
iiip : 23900 livres en 99 nssignats <'.e 100 lÎTres, 4 de 250, 1 de 1000 et 6 de 2000, presque tous tachés de sang; un portefeuille contenant une somme de 260 livres en argent, une traite ii vue de 45000 livres payables k lui Kscoffua, lignée Rambeirt et adressée au citoyen Requise 4 Marseille, qu'il portait, ainsi que' sa « vache « (valise) dans laquelle il y avait des lunettes, une lanterne cassée, une culolte blanche, deux chemises, des mouchoirs rouge et blanc, une houpiielande grise avec rei>ord bleu, une vaste OD carmagnole de drap vert-bouteille, un gilet à bandes bleues et noires, une culotio de peau, deus autres Teste», des bottes, une paire de bas, une chemise et un mouchoir de soie.
Quant H Audebert, le postillon, les' objets dont on lui attribuait la j)ropricté étaient : une paire de •• grosses i>ottes avec souliers dedans - ensanglantés, le fouet dont le inunchc était paiement lachA de sang et gairdait encore quelques cheveux arrachés, un chnpenu coupé d'un coup de sabre, une petite redingote bleue, une paire de gants doublés de poil, une culotte de velours de
dans ses poches que 12 gros sous, 2 gros sous de 2 sols et 1 pièce
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