‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, DubosqChapitre 11 sur 66 · I.A DÉCOLVKUTK IHJ CRIMB · texte numérisé non relu

I.A DÉCOLVKUTK IHJ CRIMB

du (afTetas, des fichus, voire même une boîlc de noix muscades ' que les assassins avaient laissa inlacle, non sans toutefois s'être assurés du contenu.

Tous ces objets qui. après vérification et inventaire, avaient éLé dé[)Osésdant< le magasin de la direcliiin des postes à Mclun, lurent r(''cv|«'dié!' à leur destination, tandis que trois employés et rinsj>ecleur Dagand. venus de Paris, travaillaient toute la nuit au tri et h )a rccon* naissance des dépt^ches.

Un objet, cependant, attira tout particulièrement l'attention du magistfat. C'était une {HÛrc do ciseaux, sur laquelle éLiil gravé le nom d'Hornus, et que l'inspecteur Dagand reconnut pour être à l'usafre du Bureau de départ où, en elTet, le citoyen Ilornns était eniplové.

\e serait-ce point là la pièce inesjicrémeni rcvélatriee, bien que l'inspecteur Dagand alTîrmât que tout le monde tenait llornus u pour honnête n et que ces ciseaux ne pouvaient que lui avoir été déi-obés!

1. Cette boite portait comme suwpipiion ; ■ Aoï ciloj-eii" SaU9- !»y irvien, rue de l'Kiirant-([ui-Pi«se, h Lyon. Noiï muSK.ides o, et au-dessous: - La boile pèse 6 livres et demie, à 10 sols la livre en espi'ces, fait, pour le port, 3 livres 5 «ol» -,

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Premiers Interrogatoires.

Los gendarmes, au.ssilxit après In découveile du criine et les pi'ciiiiùres constalaliotis, s'étaient mis en campatfiie pour reti-ouver les traces des assassins ot rectierclier les |>ersonnes qui, le soir du 8 floreal, avaient pu se tronvei' sur la route de Melun.

I) fut prftcûjé. le lendemain, par le jiigo de paix Beau, à leur interrogatoire.

Jean Chartrain, postillon clieï le cîloven Ducios, maître de postes à Lieursainl, fut le premier entendu et déclara 6tre parti à six heures du soir de Melun pour se rendi-e à l.iëursaînt et. h environ une denii-lieue de cette localité, avoir croisé quatre hommes à cheval. A son retour, an bout d'une heui-e, il en avait retrouvé trois à peu près au m^me endroit, à la hauteur du parc du Plessis; ils allaient tranquillement au pas, tandis que le quatrième, parti en avant, revenait vers eux au galop.

Ces cavaliers d'ailleurs paraissaient bien mis, bien montés et avoir avec euï un porle-manlcau assez lourd .

Aiigusie Ducios, le fils du maître de postes, se rappela avoir demandé au courrier ExcotTon, pendant

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qu'il dùti\rait les Iniis clievaux do In iimllc. s'il avait quelqu'un nvec lui, ce à quoi celui-ci avRil ri>|Hitulu "■qu'il n'avait qu'un voyageur qii'i! ne coniiaisîiail [ms (lu Ion) et que. pour cette raison, il ne voulait rien payer pour lui; que. d'ailleurs, il l'uvait prévenu qu'il aurait à payer :lui-nit*me aui auln-rgcs où ils s'arn''terajent ».

" Vous ne savez rien d'autre? demanda le juge.

— ÏSon, citoyen, si ce n'esl que c'est le |>oslillon Caron qui a prévenu du crime, ainsi que le citoyen Martin, suppléant du juge de {laix. Mon père m'a fait aussitôt partira cheval et est allé lui-même piv\cnir les ijendarnios.

— Veuillez signer voire déclardtion. n

Le juge entendit ensuite l^uisMulotteau qui avait vu passer sur la route, vei's huit heures du soir. deu\ cavaliers dont l'un avait un cheval gris pommelé; el Ip 4;itoyen Pinard, marchand de peaux de lapins, à Meaux- , en-Brie, 837, rue du Faulwurg-CornUlion.

Ce dernier s'était trouvé à la sortie de Lieursainl, après le bout du parc, en nièuie temps que quilro cavaliers. doQt t'un lui avait paru ôlrc habillé en bleu, tandis que les autres étaient en brun ou en giis.

A ce moment, un de ceux-ci s'informa, auprès de deux ouvriers qu'ils rencontrèrent, à quelle heure passait la malle.

B Tard, lui répondirent-ils, quand nous revenons de notre travail, vers sept heures el demie. »

Quant aux chevauv, l'un était rouge à courte queue, deux autres paraissaient noii-s et le quatrième » blond II.

Enfin la femme du brigadier de gendarmerie de Lieursaint, la femme Pomart. déclara que : « étant inquiète de voir que son mari n'était jias rentré à huit

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heures du soir ce 8 tloréal, elle était sortie de chez elle par la porte de derrière, mais s'étant nvancée un peu sur la roule pour voir si elle n'apercevait pas son mari, elle vil près d'elle un homme inconnu et qui avait l'air étrange. Au même instant, celui-ci ayant vu la malle partir s'en était allé avec la plus grande vivacité! Folle de peur, elle était rentrée chez elle. Son mari était rentré peu après et ils s'étaient couchés ». Mais tout ceci élait encore bien vague.

Cependant la dernière déposition fut plus précise. C'était celle de Laurent Chabaud, marchand à la Fcre— Champenoise.

Parti à onze heures du malin, en carriole à un cheval, il s'était arrêté à une heure à Montgeron, à l'auberge de la Chasse.

« Dans la même salle que moi, déciara-t-il, se trouvaient déjà installes quatre jwirticuliers dont trois pou- , vaient bien avoir 5 pieds a pouces', et le quatrième 5 pieds i pouces^. Trois ]H>rlaient des bottes, et l'un avait des éperons argentés. Leurs chevaux, qui étaient à l'écurie près du mien, étaient: l'un noir, l'autre blanc, les deux derniers de la taille dragon, à courte queue. L'homme qui montait le cheval noir était sans bottes et portait une houppelande îi revers de poils.

— Sont-ils restés longtemps à l'auberge? questionna le juge.

— Je ne sais, citoyen. Ils étaient arrivés avant moi et sont repartis avant. L'aubergiste m'a dit qu'ils étaient arrivés séparément, deux d'abord, puis un, puis un. Leurs selles avaient des fontes et des pistolets.

— De quel côté sont-ils partis ?

— Du côté de Melun. Je les ai rejoints et dépassés

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PREMIERS INTKBBOr.ATOIRKS iH

dans les bois ; je me suis rclournû plusieurs fois, parée que ces quatre quidams ne me disaient rien qui vaille, et j'ai été étonné de ies voir ralentir et a'arréter comme s'ils allendaient quelqu'un. Je ne sais rien de plus, it

.^vant le départ de i'iuspecleur et des employés des postes qui, avons-nous vu, étaient venus Bvec lui do Paris, le jugo Beau avait interrogé un de ceux-ci, le citoyen Giilet, contrôleur des courriers, letiuel avait été de service, le 8 lloréal, au départ de la malle. 11 avait pu donner au juge quelques renseignements sur le voyageur parti avec E\coffon et l'avait représenté « comme un homme d'aspect sombre, portant une Tedingole brune et un chapeau rond; il n'avait apporté avec lui ni paquets ni vivres, et tournait autour de la malle avant d'y monter, semblant l'eNaminer avec intérêt, a

Cette déposition confirma les doutes du magistrat instructeur. Ce voyageur devait certainement être le complice des cavaliers, d'autant mieux qu'il avait disparu, et que, sans cela, les assassins l'eussent .massacré comme le postillon cl le courrier.

Restaient les ciseaux. Celui à qui ils appartenaient avait dû vraisemblablement, sinon aider les assassins à accomplir leur crime, du moins leur indiquer ce que contenait la malle, car il n'y avait aucune raison pour s'attaquer à celle-ci, si l'on n'eût pas su qu'elle renfermait plusieurs millions, destinés à l'armée d'Italie.

Certes, cet Hornus devait être un complice.

Pour éclaircir ce point, le juge dépêcha le soir même pour Paris, malgré l'heure avancée *, le gendarme

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