‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, DubosqChapitre 14 sur 66 · Itépondant » veul dire ici n rendant le diner · texte numérisé non relu

Itépondant » veul dire ici n rendant le diner

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— Je ne suis pas sorti de Paris avec Couriol.

— Vous n'êtes pas allé avec Richard à Bondy ?

— Nulle part, cilojen.

— Avez-vous été quelquefois à Melun ?

— Jamais, citoyen.

— Vous connaissez donc le citoyen u Surque n avec lequel vous êtes venu ici ce matin ?

— Nous sommes du môme pays, nous avons été élevés ensemble ; je le vois souvent.

— Que fait le citoyen Surque ?

— U n'a point d'étal, il est écrivain', il a écrit au district de Douai.

— Connaissez -vous la fortune du citoyen Surque?

— 11 possède des domaines nationaux, qu'il a achetés depuis trois ou quatre ans. Il ne se cache pas de dire qu'il doit son bien-être à la Révolution.

— Eh bien! voulez- vous signer, citoyen? a Guénot signa son interrogatoire. On le fit sortir et

l'on fit entrer Lesurques.

C'était un homme de 5 pieds 3 pouces*, au visage ovale et pâle, au front haut, aux cheveux et aux sourcils blonds, aux yeux bleus et au menton rond. Le nez était long, mince et pointu, la bouche petite. Quant au front, qui était élevé, il portait, en haut, une cicatrice du côté droit. Enfin, un doigt de la main droite était estropié.

il déclara se nommer Joseph Lesurques, natif de Douai, département du Nord, trente-trois ans, rentier, ao5, rue Montmartre, Maison- Neuve, chez le citoyen Monnet.

a D. — Connaissez- vous particulièrement le citoyen Guénot !»

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I,E JLT.E DAtnAMON m

ïl. — Oui, j'ai fcLé élevé avec lui.

D. — Y a-t-il longtemps qu'il est ù Paris ?

R. — Je ne puis vous le dire, je l'ai rencontré vers la fin du mois dernier au Palais-Egalité, avant snn voyage à Château-Thierry.

D. — Entre ces deux époques?

R. — Non.

D. — Vous n'avez pas lait de voyage aux environs de Paris, c'est-à-diie de la à i5 lieues, avec le citoyen Goénot ?

R. — Je ne suis pas sorti de Paris depuis que j'y suis.

D. — Comhien y a-l~il de temps que vous êtes à Paris?

R. — Depuis un an. Depuis ce temps, je ne suis pas sorti.

D. — Le 8 de ce mois, vous ne vous êtes pas trouvé avec le citoyen Guénot?

R. — Non, citoyen.

D. — Quelle était votre fortune avant de venir à Paris ?

R. — Je suis sorti du régiment ciKlevant d'Auvergne en 1789; j'ai acquis différents biens nationaux, dont j'ai revendu partie ; ce qui me reste suffît à mon existence.

D. — Connaissez-vous Richard ?

' R. — Je le connais parce qu'il est de Douai. Je connais plus particulièrement sa famille. Lui, je l'avais perdu de vue, mais Guénot m'a mené chez ce citoyen depuis qu'il est venu lui-même à Paris.

D. — Quand Guénot vous a-t-îl mené dîner chez le citoyen Richard?

R. — Dans ie mois dernier.

D. — Vous n'avez pas vu le citoyen Guénot une autre fois?

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70 1. AFFAIRE DU COUHSrER DE LYOK

R. — Le citoyen Gucnot m'a encore inviU; à déjeuner une autre fois chez le citoyen Richard ; la femme de ce dernier èl le ciloyen Gm'not sont venus une autre fois chez moi me répondant, mais je ne puis me rappeler les époques de ces différentes entrevues.

D. — £tes-vous allé k Mehm ou aux environs depuis que vous êtes à Paris?

R. — Je ne suis jamais sorti de Paris depuis que j'y suis.

D. — Vous n'avez pas fait, il y a peu, une partie de cheval avec plusieurs autres personnes ?

I\. — Je n'ai jamais monté à cheval à Paris et je n'ai jamais découché.

D. — Connaissez-vous Courioi?

R. — Je ne sais pas. Je ne connais pas ce nom-là. et c'est la première fois que je l'entends prononcer.

D. — Mais lorsque vous avez dîné chez le citoyen Richard, n'y avail-il que vous et le citoyen Guénotî

R. — J'y ai dîné avec Richard, sa femme, Guénot et un bijoutier, homme maigre à peu j)rès de ma taille et sa femme, dont je ne me rappelle plus le nom.

D. — Avez-vous vu chez Richard un nommé Etienne ?

R. — I.e jour que j'y ai déjeuné, j'y ai vu un citoyen qu'on a appelé Etienne et une femme que j'ai vue aujourd'hui dans les bureaux. Cet Etienne est un liomme ' noir de figure, la femme dont je vous parle passait pour sa femme, il y avait encore là un homme qui se disait de Lille en Flandre. Gel Etienne parlait provençal. C'est tout ce que je puis me rappeler.

D. — Pouvez-vous me donner à peu prés l'époque de ce déjeuner ^

R. — C'était dans ce mois-ci, quelques jours avant que Guénot ne parle pour Château-Thierry.

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IXRTRLTTIOS DEVA.NT l.E JUOE DAfBANTON 71

D. — Suvcz-vous quel jour il est parti pourChittcau- Thierry ?

R. — Je n'en sais rien. D'après les calculs, je croîs <|ue ce déjeuner a eu lieu il y a environ dix jours.

D, — El ce dtner où vous avez élé et celui ou Guénot et la lemme Richard sont venus clici vous en répondant?

R. — Je crois aussi que c'est vers la fin du mois dernier que j'ai diné chez Itichard avec Guénot et c'est dans les premiers jours de ce mois qu'ils sont venus dîner chez nioi,

D. — Connaissez-vous la profession de Richard?

R. — Je l'ai connu ù Douai comme apprenti hijoulicr; il est venu à Paris; je l'ai poiilu de vue, je crois qu'il a continué le niânie cuiumcj'œ ; je ne l'ai pa^ assez suivi à Paris pour vous dire quelle profession il y

Et a signé.

Après un instant ]>cndunt lequel le juge Daubanton avait minutieusement dévisagé Lesurqucs et confronté ses traits avec le signaleuient venu de Meinn.

u Eh bien ! citoyen, je me vois obligé de vous mettre en état d'arrestation, vous et votre ami Guénot.

— Mais, citoyen, je n'ai rien fait ! que me repi-ochet-on?

— ^"oiis devez le savoir î »

Fouillé, ii fut trou\é porteur d'une montre en or, •i'unc.bague composée de treize anneaux, une autre dite u collier de chien >>, le tout en or.

w Mais, qu'est-ce celai" dit le juge en examinant les jiapicrs qui se trouvaient dans le portefeuille de Lcsurlues ; une carte de sûreté de la section du Bon-Conseil, 1° i8J8, f" 457. au nom d'André Lesurques, né à Douai, ific de- quarante- trois ans, demeurant rue Montagne,

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73 L AFFAIRK DL C01;RR1ER DE LYO?(

38, à Paris, depuis six ans, et une en blanc. Que signifie cela ? Vous m'avez dît vous appeler Joseph, avoir trente-trois ans ! Vous faites, des faux i"

R. — Oh ! citoyen, c'est la carie de mon cousin qui l'a laissée chez moi. L'autre provient de papiers qui ont été vendus ; je ne sais comment elle se ti^ouvesurmoi; d'ailleurs, je n'en ai fait et n'en aurais tait aucun usage.

D. — Pourquoi, depuis onze mois que vous résidez k Paris, ne vous èles-vous pas encore muni de carte de sûreté et n'êtes-vous porteur d'aucun papier, assurant ou indiquant voire existence civile et politique i*

R. — Je n'ai pas pris de carte de sûreté parce que, rentrant de très bonne heure, je n'ai pas cru nécessaire d'en avoir; j'ai laissé tous ces papiers à Douai chez mon receveur ; c'est la raison pour laquelle je n'ai aucun papier sur moi. <>

Quant à Guénot, on ne trouva sur lui qu'une note de cinq chevaux. II expliqua que ces cinq chevaux étaient ceux qui élaient en fourrière à l'auberge du Coq Hardy, à la ChapeUe, et appartenaient au citoyen Morin, qu'il redierchail actuellement et qui avait*disparu avec ses trois caisses d'argenterie.

Malgré leurs protestations, Guénot et Lesurques furent écroués à la Chambre d'arrêt du Bureau central.

Le lendemain, a3 floréal, le juge Daubanton faisait comparaître devant lui Madeleine Breban, maîtresse de Couriol. C'était une fllle de vingt-trois ans, de 5*pieds ' de taille, aux cheveux et aux sourcils châtain clair, aux yeus gris brun, au visage ovale, au front haut et au menton rond ; la bouche était moyenne et le nez ordinaire; elle était blanchisseuse de profession et

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IN3TBCCTI0S DËVA>T LE JUOE DAL'llAXTON 73

demeurait alors ea garni chez le citoyen Parmcnlicr, rue du Petit-Reposoir,

C'était l'aînée de quaire enfants. Son père« cordonnier à Pontoise, était, en même temps, soldat de la 1)1* demi-brigade, en garnison dans cette viDc. Il s'y éUit engage en juillet 1793. L'éducation de Madeleine avait été négligée; quant k son instruction, elle était nuUe : elle ne savait ni' lire ni écrire. Ses mœurs él^ient plulât faciles et sa liaison avec Cnurîol n'était point la première. D'ailleurs, cette inconduîlc ne chagrinait nullement ses parents, si nous en croyons une lettre de son père adressée à Couriol peu de temps avant leur arrestation'.

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