E PROCÈS i:ltlMIM':i
riol, qu'il conniilt k peine, qui, encore de son aveu, lui prêle une partie coniiidérabie des somiaps qui lui >onl uécessaires pour ces acquisitioiiH. Enfin, le id llDTi'at, jour lie son premier interrogatoire, il ditne conn;illre Courîol que sous le nom d'Ktienne, et (luénot cjue In's peu, el il eat prouvé : I" par une lettre de change par lui souscrile le Ib Soréal précédent, au prolll d'Klienne Co'iriol, lellre de change enlièremeot de la main de liuénot, montant à la somme de 2'J7C li»res, espèces métalliques, qu'il connaissait parfaitement Couriol sous son véritable nom, et qu'il lie connaiiisail jiats uMins liuiinot; 2" par se» aveux jjusti'rienrs, que Ciiuri»! lui a prôti' fré([u>'nii"enl de l'argent; :i°engD que, nolaniiiient depuis le jiiur de l'assassinat et du vol diint il "-'a^'il, il a ru souvent Êlienne Couriol rlie/- Hichard avec qui il faisait tieaucoiip d'aiïaires. Il résulte île Ulules ces eirconstances, et singulièrement lie ces réponses uiênies, que ses liaisons et ses entrevues fréquentes, soil peu de teiupïi avant le 8 floréal, jour de l'assassinat, soil depuis avec Couriol, Richard et tménot, et les affaires nmsidérables i|u'il a faites avec eux, postérieureuient à cette •'poqiie, le, rendent plus que suspect d'avoir participé au crime dont il s'agit et singulièrement d'avcir partagé le vol i(iii en a été le fruit.
Il ne reste plus, pour porter la conviction dans l'àme, qu'à Jiitfer un coup d'œil rapide sur la mnralilé dos accusés.
Lâbortle, assassin d'Excoffon, d'abord commis au Montde-Kété," puis espion, en a été chassé comme très mauvais sujet.
Etienne Couriol s'occupe lui-même d'être un agioteur, un marchand d'argent, et avoue avoir fait ce métier même depuis la loi qui le défend expressément.
Philibert Bruer est un homme sans étal, sans moyen île subsistance, el. Je son aveu, entièrement à la charge de Couriol et par conséquent pour ainsi dire dans sa main.
Cliarles (iuênot, qui se dit ruiné par la Révolution, a des moyens d'existence inconnus et dans ce moment est pour-
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128 I- AFFAIRE DU COURRiFB DF- LÏON"
suivi par l'AdminislralioQ de Douai pour remise de Irois caisses d'argenterie qui lui onl éti cnnBées, il y a dix-huit mois, à l'etfet de les faire passer à l'agence des monnaies, et qu'il prélend lui avoir l'ié souslrailes par un voiturier infidèle que, depuis ce teins, il aflirme ne pas pouvoir retrouver.
Joseph Lesurques, sergent au régiment d'Auvergne en 1*789, prélend avoir fait dans l'acquisilion et la revente de» biens nationaux une forlune con8id<TabIe qu'il porte à 10 000 livres de rentes, valeur métallique, et il est démenti Hur ce fait par les autorités constituées de son pays, qui disent qu'il a fait une fortune suffisante pour vivre aisément en travaillant et qui le peignent au surplus comme un homme sans conduite et fort dépensier. Or, Joseph Lesurques est sans état à Paris, el son existence est si problématique qu'il n'a ni passeport, ni carte de sûreté, en sorte qu'il n'est ni citoyen de Douai, ni citoyen de Paris.
Pierre-Thomas-Joeteph Richard est, ainsi que le porte sa patente, un colporteur, et sa femme, aussi d'après sa patente, une marchande à la toilette, c'est-à-dire des gens faisant un commerce infiniment suspect, d'autant plus. que la dernière patente de Itichard est de 1793, d'où il suit qu'il fait maintenant son commerce sans litre.
Enfin David Bernard est (également un colporteur ou marchand forain, aiiisi que le prouve sa patente, et ses différents passeports joints aux pièces prouvent que c'est un de ces êtres qui sont aujourd'hui dans un endroit, demain dans un autre, et ne présentent par conséquent aucune espèce de responsabilité.
Telle est exactement la moralité des sept prévenus.
Deux dernières réilexions paraissent indispensables à faire dans le moment :
La première, c'est que le jour que le courier Excoffon a été assassiné et la malle volée, ce courier était chargé de 7 millions de livres en assignats pour le compte du gouvernement, et d'à peu près 10000 livres en numéraire à découvert; or, il y avait plusieurs mois qu'il n'était chargé que de sommes fort peu imporlanles pour le compte du gouver-
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LE PROCÈS CBIMINKI, ii'J
aeroenl, et c'élait peul-êlri; pour la preini<''re fois qu'il élait chargé ^'une somme auftsi forte en numi'raire. Celle observatiiin prouve évidemment que les assassins sont d'inlelligeoce avec quelque emploji' de la Trésorerie nationale ou des l'osles.
La deuxième, c'est que les dt'clarations des témoins deviennent d'autant plus précieuses dans celte alTaire, que, s'ils affirnient franchement, et sans autre intérêt que celui de la vérité, reconnaître trois des assassins du courier Excoffon et d'Audebert, postillon, parmi les prévenus, ils disent avec la même candeur, des autres, ou qu^lls ne les connaissent poinl, ou qu'ils croient les reconnaître, mais qu'ils ne l'assurent pas. On sent combien pareille nuance donne de poids à leurs dépositions, soit contre les coupables, soit en faveur des imio cents.
H résulte de tous ces détails que, Laborde demeurant ordinairement à Paris, mais sans domicile Tixe, Élienne Couriol et Philibert Bruer, également domiciliés à Paris, Pierre- Tliomas-Joseph Richard, Joseph i.esurques et David Bernard, tous trois aussi domiciliés à Paria, et Charles Guénot, domicilié à Uouay : les six premiers, département de la Seine, et le dernier, di^parlement du Nord ; le premier, contumax; les six dernière détenus en la maison d'arrêt de Uelun sont prévenus d'avoir commis les assassinats et vols dont il s'agit; que ces assassinats ont été commis avec préniéditalion; que le vol qui en a été la suite a été commis à fflrce ouverte et par violence envers Excolîon et Élienne Audebert sur une grande route; que le voi a été commis de nuit, qu'il l'a été par plusieurs personnes et que les voleurs liaient porteurs d'armes meurtrières ; que ce vol a été «ommis méchamment et à dessein, enfin que plusieurs des prévenus ont reçu gratuitement, acheté ou recelé une partie des effets volés et sachant que lesdtls effets provenaient
Les accusés avaient écoul« celte lecture dans le plus grand silence, Lesurques était resté parfaitement calme et digne.
130 LAFFAIRF. DU COURRIER DK l.VO>'
Le Président, après avoir demandé à chacun ses nom et prénoms, leur dit :
(( Vous avez entendu l'acte d'accusation. Le citoyen Excoffon. courrier de la malle de Paris à Lyon, et ie citoyen Audebert, postillon, conduisant la malle, ont été assassinés sur la route de Melun, entre huit et neuf heures du soir. Quantité d'effets précieux confiés audil courrier ont été volés par violence par plusieurs personnes, lesquelles étaient porteurs d'armes à feu.
(I Etienne Couriol, Joseph Lesurques, Thomas-Joseph Richard, Antoine-Philibert Bruer, David Bernard et Charles Guénot, vous êtes accusés d'avoir participé à ces délits, les uns comme ayant commis lesdils assassinats et vols, les autres ayant reçu gratuitement des eirets volés, sachant qu'ils provenaient de ce vol. Voilà de quoi vous êtes accusés, vous aile/, entendre les charges qui seront portées contre vous '.
H Huissier, faites retirer les témoins dans la chambre destinée à les recevoir, a
X Le Président. — Lesurques, levez-vous. Oii avenvous couché la nuit du 8 au 9 floréal?
Lesurques. — Chez moi, rue Montorgueil, n' 38, maison de sieur Lesurques, mon parent.
Le Président. — Nous avons la presque certitude que vous n'avez pas couché ce jour-là chez vous.
Lesurques. — Je suis sûr que j'ai couché ce jour-là chez moi; depuis le mois de fructidor dernier, je n'ai pas découché une seule fois et le plus tard que je sois rentré, c'est dix heures, lorsque j'allais au spectacle.
Le PRÉsmesT. — Qu'a liiez- von s faire au Bureau t^entral, lorsque vous avez été arrêté et était-ce la première fois que vous y alliez?
Leslrques. — J'y suis allé seulement par complaisance, pour accompagner Guénol, et c'était la première fois que j'entrais dans cet endroit.
Le Président. — N'était-ce pas plutdt pour solliciter en faveur de Gourîol et de Richard que vous <^tea allé ce jour-là au Bureau central avec Guénol?
Lesurques. — Non ; je n'ai parlé à personne et je no connaissais pas Couriol.
Le Président. — Comment se fait-il que vous ayez «té arrêté ?
Lesurqiîes. — Je ne me doute pas des motifs qui ont pu me feire arrêter au Bureau central.
Le PRÉsmE^T. — Cependant vous a^ez di'i savoir que si vous avez été arrêté ce jour-là avec Guénot, c'est que.d'une part, les signalements des assassins du courrier de la malle, envoyés de Melun, se sont trouvés parfaitement conformes au vôtre et que d'autre p:irt, avant que vous eussiez été arrêtés, vous aviez élé l'un *l l'autre reconnus au Bureau central par des témoins qui, ce jour-là, devaient être confrontés avec Couriol !
Lesurques. — J'ai parfaitement ignoré tout cela et si ce jour-là, on rac l'eût dit, il m'eût été très facile de me disculper, en rendant un compte exact de tout ce (jue j'avais fait le 8 et le g floréal dernier.
Le Président. — Il paraît bien inconcevable que deux signalements dans la même affaire se rapportent précisément à vous et à votre ami Guénot et (|u'ils se trouvent corroborés dans l'instant même par la déclaration de deux personnes qui ne sont point prévenues de ce que vous pouvez être et à qui on ne peut soupçonner aucun intérêt pour vous inculper, si véritablement vous et Guénot n'êtes point coupables du crime dont vous êtes accusés.
Lesurques. — Cette réunion de circonstances me
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132 I, AFFAIRE Dl." COURRIER DE LYON
parait égal ement inconcevable, d'autant plus que je ne suis jamais sorti de Paris, que je n'ai jamais été sur la roule de Melun et que, d'ailleurs, j'ai pour élever ma famille et vivre au delà de mon néceasaire.
Le Président. — Comment se fait-il,' si ce que vous dites est vrai; que vous ayez été reconnu par un grand nombre de témoins qui attestent que vous avez dîné ce jour-là à Montgeronavec Couriol', Guénot et d'autres et que vous avez été vu a vec.eux à Lieursaint, précisément à l'endroit où ont été assassinés ExcoiTou et Audebert?
Lesurques. — ^' Ces témoins se sont trompés, et, à moins qu'il n'y ait delà ressemblance entre moi et ceux qui, ce jour-là. ont fréquenté la route de Paris à Melun, il est impbssiblequ'ils aient pu faire de pareilles dépositions en leur âme et conscience.
Le Présideht. — Mais les soupçons qui "s'élèvent contre vous sont encore corroborés par la manière dont vous existez. à Paris, puisque, quoique vous y soyer. depuis près d'un an .vous y existez sans carte àe sûreté, etqueiles cartes.trouvées sur vous donnent lieu de penser que vous abusiez de celle de votre cousin et qu'au moyen de laicaxte Jilanche, signée du président et du secrétaire de la section, vous vous ménagiez la facilité de remplir cette carte et de voiis en servir .comme bon vous semblait? , '"..',
Lesurques. — Je n'avais la carte de mon cousin que depuis le i8 ou le 19 floréal; quant à l'autre, elle était dans une poche, mêlée avec des chifTons.-ce qui prouve le cas quej'en faisais. Ma bonne conduite et mes amis peuvent suffisamment répondre de moi. »
Puis, après quelques questions sans grande importance posées aux autres accusés, la femme Dolgoff, trente-six ans, brodeuse, demeurant : 337, rue Saint- Martin, est introduite.
LK PROCËR CHIMI.XKI. 133
" Je connais parfaitement le citoyen Excoflon, déclara-t-elle, le courrier assassiné dont j'étais l'intime amie ; la houppelande, bordée de peluche de laine noire, qui est là appartenait au voyageur qui est parti avec Eïcoiïon ; mais je ne vois pas ce voyageur sur ces bancs; je le reconnaîtrais cependant sûrement, car je suis « pleine » de sa iigure et de ses traits ; je nie suis en effet Imuvée au départ d'Excoffon pour Lyon et j'ai ïu et causé avec ce voyageur. »
Puis ce furent les trois garçons de caisse de la Trésorerie : Mayeux, Roussel et Martin, lesquels renouvelèrent les déclarations faites par eux à l'instruction et montrèrent aux jurés les assignats qu'ils reconnaissaient parmi ceux trouvés sur Couriol.
Celui-ci, interpellé, se contenta de hausser les épaules et le citoyen Guinicr, son défenseur, fit remarquer qu'il était bien difficile de reconnaîtie des assignats, et qu'en tout cas il était étonnant que, parmi la quantité ''levée saisie sur son client, quelques-uns seulement proviennent du vol, que d'ailleurs le seul fait d'en ttre porteur ne prouvait pas que Couriol fi'it l'auteur au crime, car ces assignats avaient pu lui parvenir depuis, après avoir passé par bien des mains.
Mais le citoyen Raynoard affirma que la valeur qu'on lui présentait était bien celle qu'il avait envoyée à Eïcoffon par son commis.
il Le système de votre client demeure-t-il le même devant cette déclaration? demanda l'Accusateur public au défenseur de Couriol.
— Ce n'est pas encore l'heure des plaidoiries, répliqua cehii-ci, non plus que du réquisitoire, il est vrai ! a
Puis le citoyen Auguste Dnclos, maître de postes à Lieursaint, réitéra la déposition qu'il avait faite devant
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134 1. AFKAIR^; DU COL'RBiKH IJi; LTON
le jtlge dé paiï Beau' le () floréal pi-écédent. Après Ja déposition du brigadier de gendarmerie Laurent Huguet, d'intérêt sectindaire, le citoyen Jean de la Fnlié'fut JntDKluît. C'étiût le garçon d'écurie du citoyen Evrard, de Montgeron, à l'auberge duquel, le 8 fioréai, s'étaient arrêtés les quatre cavaliers.
H Connaissez- VOUS' les particuliers qui sont sur ces bancs? lui demanda le Président (^iohier en montrant les accusés,
■ Le Témoin. — Je reconnais le premier (Couriol) pour être arrivé à Monlgemn avec trois autres ; ils étaient tous quatre à cheval. Il y en avait uji qui avait un cheval bai brun.
Le PRÉsmEST, — ■' Et les autres?
Le Témoin. — Je reconnais bien le deiixième, car ■c'est lui qui est arrivé le premierà Montgeron vers >inc heure et demie avec deiis antres et un troisième qui sont arrivés ensuite, ensemble.
— Cei hommp se trompe, s'écria Lesurques. Jamais, je vous le jure, citoyen Président, je n'ai été à Montgeron !
Le PRÉsmE^T. — Vous répijndrez quand on vous interrogera, laissez parler le témoin! n '
On montra alors au témoin les giièces à conviction.
(i Je reconnais ce sabre, dît Je;\ri de la Folie, il avqil alors une dragonne ronge, mais je ne puis jiire celui (|nt le portait.
— Pour le reconnaître ainsi, demanda Guinicr, en a\ez-vous vu la lame i"
— Non, citoyen défenseur.
— Eh bien, comment pouvez-vous être aussi affirmatif, car tous les sabres peuvent avoir une dra|fonne riiLige?
— Je dis que je le reconnais, parce ipie je crois l*"
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r.K PBOCftS CHIMI.NKI. 13.",.
recnnniîlie. mais je ne reconnais point ces quatre partfciiliers qui sont l.i n
\fi ciloyen Perraud, trcnle-lmit ans, pniprii'-taire à baint-Gei-mam.alois introduit, déclara qnele 8 florrâl, vers midi ou une heure, il s'était arrêta à Mnnigernn pour dtner à l'aubergedu citoyen Evrard et avait a[)erçti dansTûcurie trois particuliers qui venaient également d'y dîner. Il remanpia plus particulièrement ccini qui prononça quelques mots provençaux, d'autant mieux qu'il était lui-môme du Midi. Ce particulier n'était autre que le premier sur ce banc : Coiiriol. Il portait l'habit bleu à boutons d'acier fond blanc et à peu ptès^ le même costume qu'il avait encore à cette audience.
Il croyait encore reconnaître Guénot surtout au son (tesavoix, ùsataille et à son costume; il ajoutait même ([ue c'était celui-là qui avait demandé du tabac ou une pipe et auquel il avait dit qu'on pouvait se passer de pipe en roulant du tabac dans du papier, ce que les Espagnols appellent un » sigard n ; il portait un pantalon de la couleur de sa houppelande, gris fonce, connu sous le nom de " boue de Paris )> ; quant aux autres, il croit encore reconnaître Lesurques pour l'avoir aperçu au fond de l'écurie, qu'il croyait même que c'était à lui que s'adressaient les mots en provençal, toutefois il ajouta que ce particulier qu'il croit reconnaître à sa figure et à ses cheveux blonds avait le corps entier dissimulé par son cheval, il portait un habit grie blanc ;. cependant il n'ose affirmer que ce soit l'homme ici présent.
Châtelain, limonadier à Montgeron, n'étant rentré d& Paris que sur le lard, savait peu de choses. Quant à sa femme, elle fut pleine de réticences. Elle déclara bien que quatre particuliers étaient allés prendre le café chex elle, à Montgeron, le 8 (loréal, mais elle pri'tendit.
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136 I. AFFAIRK DU COURRIER DE I.YDX
comme la cabarelière Evrard d'ailleurs, n'avoir fait aucunement attention à leur figure. Elle ne reconnaît Couriol qu'à cause de la redingote grise à collet moucheté qu'il portait encore, alors qu'à l'instruction elle avait reconuu Bruer lorsqu'on lui avait fait revêtir le même vêtement.
Ces témoins, aubergistes, peut-être de peur de représailles ou plutôt pour ménager leur clienU-lc, craignaient de se compromettre. Us furent cependant, plus tard, plus explicites, comme nous le verrons".
Le Président. — « 11 est étonnant que vos souvenirs soient aussi vagues et que vous ne puissiez reconnaître cet homme que par sa redingote. Allez vous asseoir! »
La femme Saulon, elle, n'hésita pas, '
Le Président. — ii Vous vous appelez Ma rie- Victoire Petit, femme de François Sauton? Vous êtes domestique chez le citoyen Châtelain, qui tient café et billard à Montgeron? Vous savez, citoyenne, que c'est sur votre déclaration formelle queGuénot et Lesurques ont été arrêtés. Persistez -vous dans cette déclaration, et voulez-vous dire aux citoyens jurés quels sont les accusés que vous avez vus?
Le Témoin. — Je reconnais très bien le premier, c'est un des quatre qui sont venus le 8 floréal prendre le café et jouer au billard chez la citoyenne Châtelain. H redingote brune qu'il a à présent. Je rebien aussi le deuxième qui s'est trouvé le même jour à Montgeron et a pris du café et joué au billard. C'est lui qui a voulu payer en assignats et c'est l'autre qui a ensuilu payé en argent.
Le Président. — Et le troisième, Guénot, l'avezvous vu !•
Le Témoin. — Oui, citoyen. Il était le jour qu'est arrivé l'assassinat du courrier de Lyon à Montgeron vers
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