‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, DubosqChapitre 35 sur 66 · Berlin, Bd-isioil du pracijt Lcsutqiics · texte numérisé non relu

Berlin, Bd-isioil du pracijt Lcsutqiics

LK PROCÈS CltlMlM'JL 107

.Vprt-s lui, Guinior implora la pilié pour Lcsiirqiios. doDt toute Ja vie, disait-il, prolcstait conirc une semblable acciisalion. Il selTorça de dénionlrer que cetle surcliarge, qui soulevait lant d'illégitime iiidignatioti, résultait de la lectîflcalion d'une innoccnle erreur et non d'un concert frauduleux ; que, pour s'en assurer, il suffisait de jelcr les yeux sur le registre I.egrand et de se convaincre que te rliilTrc primitif existait encore; qu'on n'avait rien entrepris pour le faire disparaître ou le dissimuler, qu'il ne pouvait donc y avoir de fraude. Puis les citoyens Charpentier fils, Julieni et l^fentin présentèrent la défense des cftiatre autres, après quoi l'audience fut levée.

Il était dcu\ heures du uiatin.

«^Quatrième audience (18 thermidor).

Le lendemain, i8 lliermidor, à dix heures du malin, le président Gohier, ayant déclaré les débuts terminés, fll, comme le voulait la loi, le ré.sumé de l'affaire, reprenant tes principales preuves pour ou contre les accusés, mais en insistant surtout sur <« qui pouvait être à cliargc contre eux. En réalité, ce fut un second réquisitoire'.

Le jury se retira alors dans sa chamhro pour délibérer, tandis que les accusés étaient ù la Maison de Justice'.

1. Le rpsumé du Président a été supprimé par Ja loi du 19 juin 1881.

2. Selon le défenseur Gainler, pendant que les jurés n étaient aux opinions », (ine femme aurait insista Tivemeut pour être admise auprËs dn Président. Introduite dans le cabu et de co magistrat, elle auruit déclaré que Tnisasaimt dn courrier avait été commis par Couriol, son amant et quitro aulm qui ii'a»aient point été arrêtés; que Lesurquei it^it innoceni qu'il avait été pris pour un nommé Dui)ûÇ(i, a\C'c Itqucl il in l de la rcsscm-

D,^,-„cu.,GoOglc

Ce ne fut qu'à huit heures du soir que les jurés firent avertir le Président qu'ils étaient en état de donner le résultat de leur délibération, si impatiemment attendue.

L'audience ayant été reprise, le citoyen Robillard déclara, sur son honneur et sa conscience, qu'Etienne Couriol, Joseph I^suniues, el David Bernard étaient convaincus d'avoir volontairement, sans l'indispensable nécessité de légitime défense de soi-même ou d'autrui, sans provocation violente, mais au contraire, avec préméditation, participé aux homicides commis sur les personnes d'ExcofTon, courrier, et d'Audebert, postillon de ta malle de Lyon, dans la nuit du 8 au 9 floréal précédent, sur la roulfi de Paris à Lyon, et d'avoir, à force ouverte et par violence, sur un grand clicmin, la nuit, étant plusieurs personnes et porteurs d'armes meurtrières, pris de l'argent monnayé, des promesses de mandats, des assignats et autres effets <lans la malle du courrier de Lyon ;

Que, par contre, Cliarles Guénot n'était point convaincu de ces homicides et de ce vol ;

Que, de plus, Pierre Richard était convaincu d'avoir reçu gratuitement partie des effets volés, sachant que lesdits effets provenaient d'un vol; tandis que Bruer n'en était pas convaincu.

" Faites rentrer les accusés », dit le Président.

Ceux-ci étant, pour la dernière fois, revenus à celle

liiance. Cette femme n'aurait été autre qae Madeleine Breban. Le Président aurait considéré cette réTèlilion comme une nouvelle fable imaginée par la famille Lcsnrques et se serait étonné Hae la Bile Breban ne l'eut pas fait la veille quand elle avaitété entendue comme témoin. Il aurait même dèclaro qu'il c'était plus temps. (Cette démarche est d'ailleurs contestée par M. Giraudet loM du rapport qu'il déposa en 1806 sur la demande cil réhabilitation. Cf. [i^ partie, ch. 1=',

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LE PROCÈS CRIMIMilL tli'J

audience, et lecture de la décltirnlion du jury leur ajant élé donnée, le Président Goliier déclara ;

11 Guénot et Bnier, vous êtes acquittés de l'accusation portée contre vous, et il est ordonné que vous serez mis en liberté sur-le-champ, si vous n'éles détenus pour autre cause ; il est néanmoins sursis îi I'ckcculion de la présente ordonnance pendantvingl-<iuatre lieures, conformément à la loi. Couriol, Leâur<|ues, ISernard et Richard, vous allez entendre le réquisitoire du Commissaire du Pouvoir exécutif. »

Après ce réquisitoire, dans lequel, en quelques mots, ceiui-ci,el non plus l'Accusateur public, réclamait l'application de la loi, le Président demanda aux accusés s'ils avaient des observations à faire, Lesurques se leva. Recueillant ses forces et élevant la voi)(, il déclara au milieu du silence le plus profond :

" Sans doute, le crime dont on m'accuse est horrible el mérite la mort; mais, s'il est affreux d'assassiner sur une grande route, il ne l'est pas moins d'abuser de la loi pour frapper un innocent. Un moment viendra où mon innocence sera reconnue, et c'est alors que mon sang rejaillira sur la tête des jurés qui m'ont trop légèrement condamné, et du juge qui les a influences. »

Couriol, vivement ému, se dressa précipitamment et s'écria :

11 Lesurques et Bernard sont innocents : Bernard n'a fait que prêter les chevaux et assister au partage du vol. Lesurques n'a jamais pris part au crime! »

Lorsque l'émotion provoquée par ces déclarations fut unpeucalmée, le Président donna lecturedu jugement:

« Le Tribunal, ouï le citoyen Desmaisons, Commissaire du Pouvoir exécutif, conformément à la loi, conilamne Couriol, Lesurques et David Bernard à la peine de mort. »

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