Dossier criminel. LiasBe 7. jiïi'CP Hl
î. Perquisition du cmiiuiissaire ôp la ilivisioii Poissoiiiii.Ve du ï9 frimaire w IX. Liasse 7, piùcc 3-1.
î. Loi dn 16-S4 août 1790.
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fier la défense des accusés en matière criminelle à des défenseurs commissionnés par lei tribunaux '.
C'est vainement que les défenseurs offlcieuï cherchèrent à se reconstituer en barreau sous le nom de H Société d'hommes de loi <>.
C'était une tentative d'association de légistes, nniois d'un simple cerlilîcat de civisme et désireux sans doute de présenter toules les garanties de savoir et de moralité; mais le contact d'intrus, d'hommes d'affaires tarés était inévitable et l'institution fut dénaturée.
Toutes c«s considérations devaient amener quelques années plus tard ^ Nopoléon k rétablir l'Ordre des avo-
1. a San» ckiiilc, disnil-il deriiiit l'.L'tsenililp^ oniutitiianLP, loi*t i1p 1.1 liiT^ciissinii de lu loi du K>-2i aoûL 1790, celtp profpsâion n'e'sl, imiiil expnijile de cprtaijis abus, mais jiourlant on esl forri' de ronveiiir que le Biirreau mollirait encore les dernières Iracfs de la litjertf', eiili^e du reste de la terre : c'était Ik que se tronvail encore le courage de la vériti^ qui osait proclamer lu droits du faible opprima centre Ips crimes- de l'opprenseuf puissant. Faites conférer par les Iriliunaux le poutoir de défendre les citoyens, et tous ne verrai |>lus, dans le sanctuaire de 1» Justice, de ces hommes sensjhles. ra)hibJes de se passinnner pour la caii.'ic des malheureux, et par conséquent difcnea de b défendre. A leur pince, on accueillera des gens de loi sans dflicalesse, iians enthotisioscne pour leurs deTOirs, et poussés seulement dans une notile icarrïcre par un vil intérêt. Vous dénaturer. TOUS dé|rradpz de» fonctions précieuses à l'humanité, essentielles an pTO[,TéM de l'esprit pulilic; tous fermez celte école de vertus riTicpies, où les talenls et le mérite apprendraient, en plaidant lu cause de» citoyens devant le juge, à défendre un jour celle du peuple devant les législaleurs. »
2. Une loi du 2S ventûse .m XII avait jirescrit la composilinn d'un tableau, exigé la licence en droit de ceux qui voulaient exercer la prnffssï'Hi et annoncé qu'un règlement d'adminislr.ntion puliliqne pourvoirait à la discipline des nvocats. En altmdani que ce ré[r]emeut pariU, des nvoeots, qu'on appela les n avocals du Marais •, fondèrent une association, dépositaire des traditions de l'Ordre et qui cf.mpta dans son sein : de Sfw. C ha u veau-La pnrde. Berryer pérc. elc. Mais ce ne fut qu'un décret du 14 déeenilire 1810 qui réinstitua l'Ordre des avoMl"et encore en lui imposant le serment politique.
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cali, et, cependant, ce n'étaient point ses sympathies personnelles pour ces derniers qui devaient l'amener i cette détermination '.
Eq effet, Bonaparte ne pouvait oublier avec quelle dirScuIté il parlait en public, et la quasi-impossibilité où il était d'improviser un discours. Il se souvenait toujours de l'embarras insurmontablequiTavaitétreint et paralysé quand, k Saint-Cloud, le itj brumaire an V[[l, il avait voulu, à le tribune des Anciens, justifier son coup d'Etat, et combien sa parole emphatique avait alors sonné faux *.
Pour le délivrer d'une aussi fâcheuse situation, il avait Ëillu l'intervention de Cornudet et de ses amis dans le Conseil.
1. • Le décret est absurde », écrivait N.iiiolèon Îl Camlmcérès qui lui souiiietta't le décret de rétabliswineiit de l'Ordre deit aïftcala; - il ne laisse aucune action 'iir eau liavard» et cm TflctieiLV, artisans de' révolutions et qui ne sont insjiirés ]iresque l"ii! queimr le crime el hi irahisou. je veux qu'on iiuisne ciuijiBr
[Ktur l'Eiupire.
î. Cet lionime, qui porta i ii^i entraînements du style ii'uvait |iaK le don de parler
immobiles, devant ces bommes routes qui le remanient, les yeui braqués sur lui. l'espril tendu et aspirant il ce qu'il va itlre, nue gène 4nsurn ton taltle, l'angoisse de l'aclour novice qui st sent ]iarnlysé dans toutes lej facultés de aoii élre, le sniiut et li;treint. Il ]<nrle, et sa voix mal iiosèe délouiic; il parle, et ses innla lui restent dans la ((orge ou affluent incohérents. Des l^rases ronflantes, qui. portent k faux et manquent leur effet, comme des fusées mal réglées; des formules a|>iirises par rœur, lilnqu^ex sur nu fond de paroles hachées, sans .tuite et sans lien : voilit toute sa harangue. Il veut être chaleureux et entrailuuit, il n'est qu'emjiliatique et diffus... Bonaparte continue k discourir, sans que ses iinrole* )>orteut. Comme il se sont dcci- "lémeiit mauvais,- if devient violent, outre ses effets, recourt auï |àre» ppoccdi^s; il cherche k faire peur, à s'environner de fou'ilrcs et d'éclairs. — Vatulal, lAvéneitient de Hùnap'arte.
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dans ses écrits,
sance du verhe.
mhlic. Devan
t les législateurs
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^i L AFFAIRE DU œUBBlER DE LYOS
Celle tentative oratoire lui avait suffi, el, pour triompher quelques ioatants après de U résistance des Cinq-Cents, il devait préférer les baïonnettes de ses grenadiers.
. Mais le souvenir de cette scène lui était toujours demeuré comme un affront qu'il n'avait pu pardonner à tous les ci-devants avocats, qui lui étaient supérieurs dans l'art de ta parole.
Cependant le décret rétablissant l'Ordre des avocats Tut, par lui, signé le i4 décembre 1810. et s'il eût été en vigueur quand le citoyen Le Bon fut chargé de la défense de Dubosq et de sa maitresse, le mobilier et tout ce que contenait l'appartement de ses clients n'eussent point été, dès l'arrestalion de ceux-ci, enlevés sur ses instructions, transportés chex lui et vendus par lui. U fut resté pour eux un avocat et non leur bailleur de fonds.
C'est avec la réalisation de ces objets qu'il avait pu, en partie, leur faire passer maintes sommes durant leur détention.
Cet argent permit à Dubosq et à Vidal de se montrer généreux.
En échange de ta liberté appréciable que leur geôlier Humblot leur accordait, et du relâchement de surveillance de ce dernier, ils comblaient ses enfants de cadeaux. Aux Biles, la femme de Vidai apportait des mouchoirs, des déshabillés, des frivolités ; aux garçons, c'était de l'argent : tantôt 6 livres, tantôt 11 livres pour qu'ils pussent s'amuser et aller à la Comédie, ou même une montre d'argent, u au recouvrement », il est vrai.
Aussi Dubosq et Vidal purent-ils à loisir concerter entre eux leur projet d'évasion.
Le 8 ventijse an \', vers neuf heures du soir, proQtant
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-I I— Il jaSatt. SêJùt,
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de cei|ue, iotentionneUementou non, h aucun valet ne se trouvait derrière les verrous de la porte du corridor», et que la chamlire des enfants était vide, ceux ci se trouvant à la noce à Pontoise. nos deux particuliers mirent leur projet à exécution. Duljosq ouvrit les ver- .rous du corridor avec deux morceaux de bois recourbés, tandis qu'il faisait baisser le ressort de la serrure avec un compas. Ils ouvrirent ensuite avec une fausse cler, te faite d'élain », )a porte de la chambre où couchaieot d'ordinaire les enfants du concierge Ilumblot. Une fois là, on attacha les draps de la tille Barrière à ceux du lit et aux couvertures des enfants pour en faire (I une espèce, d'échelle coulante ».
Maiheureiiaement pour Dubosq, elle était encore trop courte, car, tandis que Vidal parvenait à s'échapper, Dubosq tombait sur le sol si malencontreusement qu'il se cassait la jambe sans pouvoir se relever. Une ronde le réincarcéra peu après dans sa cellule. Quant à Vidal, c'était de sa part une grave imprudence que de se réfugier dans une ville comme Lyon où il était particulièrement connu et où il risquait, k chaque pas, d'être démasqué.
En effet, le 17 prairial an VI, une perquisition était faite chez un nommé Chiltre, prévenu de vol, et chez lequel il avait trouvé asile.
U s'y dissimulait sous le nom de « Borel ».
Comme il se trouvait là au moment de la perquisition, et qu'il ne put exhiber aucun papier, il fut arrêté en même temps que son hôte.
Amené devant le juge de Paix Perret, il soutint s'appeler Pierre Borel, âgé de trente-huit ans, militaire hussard du 10".
" T>. -~ Avez-vous des papiers? R. — Non.
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D. — OÙ avez-vous logé pendant les deux jours que vous êtes à Lyon, dites-vous ?
R. — La première nuit chez une femme dont je ne connais pas la demeure, et la nuit dernière chez le citoyen ChAlre.
D. — D'où venez-vous?
R. — Du côu' de Rouen.
D. — Avez-vous un congé de votre corps ou une feuille de route?
R. — Non; je suis encore attaché au corps, el j'ai perdu mon billet d'hûpital-
D. — N'êles-vous pas échappé des fers auxquels vous avez été condamné à Grenoble?
R. — Oh! non.
D, — Qui connaissez-vous ici?
R. — Personne, à lesception du citoyen Châtre. «
Comprenant que cette attitude conduirait à des recherches qui certainement seraient fâcheuses pour lui, de deux maux, il préféra le moindre, et, avant que d'être renvoyé par le juge, il se rétracta el déclara qu'en effet il avait été condamné k quatorze ans de fers sous le nom de (i Pierre Latleur n par le Tribunal criminel de l'Isère, il y avait environ trois ans, mais qu'ayant eu l'adresse de s'en échapper, il s'était engagé dans les hussards où il servait depuis deux ans et demi.
L'expédient était maladroit, car il pouvait être trop facilement contrôlé.
La vérité fui vite connue, et, le i6 messidor an VI, il était ramené sous bonne garde à Pontoise, et de là, le I" thermidor, à Versailles.
Mais il devait être seul k répondre devant le Tribunal criminel.
Dubosq, l'abandonnant cette fois, parvenait à nouveau, avec une audace incroyable, comme noua le ver-
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rons plus loin, à s'évader, ainsi que sa maitresse, le 39 Ihermidor suivant.
Ils ne devaient point être repris de silôt.
Ce fut le aa fructidor an VI que Vidal comparut devant le Tribunal criminel de ^'ersailles, présidé par le cilojen Cholet. '
Malgré le chaleureux plaidoyer de son défenseur, le citoyen Ranté, et après le défilé de 3^ témoins, Vidal se vit condaipné. lui aussi, h la peine de mort.
En elTet, la déclaration unantme du jury, par la bouche de son cbef, le citoyen Cbevreul. avait été que les faits relevés contre Vidal étaient constants.
Son pourvoi ayant été rejeté par le Tribunal de Cassation le ïS vendémiaire an Vil. Vidal fut conduit en charrette, \e la frimaire suivant, sur la place de la Loi de Versailles, où il eut la tête trancht'e sur l'écbafaud.
C'était la cinquième qui tombait!
Affaire Dubosq.
Première audience (28 frimaire an IX).
« Le Tribunal criminel, citoyens 1 » annonça solennellement un huissier-audiencier'en habif de <i drap bleu national ». avec, à la boutonnière, une médaille retenue par un ruban tricolore' ; veste et culotte rouges, chapeau à la française '.
Toute la salle, ainsi que les jurés et les accusés se levèrent; les hommes se découvrirent; les gendarmes i-endivent les honneui's.
Précédé d'un second audiencier, le Tribunal apparut par une porte du fond.
Le Président, le citoyen Cbolet, et les juges portaient le costume nouvellement édicté^ : habit noir, sur lequel était jeté un manteau court, de soie noire, à collet rabattu, et garni tout autour d'une bande de soie bleu-ciel de la largeur du collet; pendant sur la poitrine, une cravate de batiste; en sautoir, sous le manlelet, un ruban rouge, bséré de bleu et de blanc, auquel était suspendu un petit faisceau avec une liacbe en argent; sur la léle, un clinpeau à trois