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Quatrième audience (1" nivôse an IX).
Des influences diverses avaient obtenu du Président que laiidionce ne reprît qu'à dix heures au lien île celle matinale fixée la veille, ce qui nenipi'clia point bien des l'arisiens de nanivcr asseï à temps toutefois pour entendre l'éloquent mais impitoyable réquisitoire du commissaire du gouvernement CAraadet.
Mais, à midi et demi, après la courte suspension d'usage, la salle avait repris son aspect des autres jours, et même quelques nouveaux venus étaient parvenus à trouver place pour entendre la déreiise du citoyen Le Bon,
' La condamnation prononcée contre I.esurques était pour lui un argument précieux.
u 11 est certain, disait-il, d'après la déclaration unanime des témoins, que, parmi les quatre individus vus à Montgeron et à Lieursaint, le 8 floréal, un seul avait les cheveux blonds, qu'un seul avait demandé de la ficelle pour raccommoder la chaînette de son éperon.
« Or, cet individu blond qui a demandé celte ficelle, et qui, plus tard, a été vu se promenant avec Vidal à Lieursaint, c'est Lesui-ques : il a été jugé, condamné et exécuté pour ce fait ; il est donc évident que l'accusation est dans l'erreur lorsqu'elle soutient que Duhosq est l'homme blond remarqué à Montgeron et à Lieursaint ; que c'est lui qui a raccommodé l'un de ses éperons avec du fil; que c'est lui qui s'est promené k Lieursaint avec Vidal. L'arrêt de condamnation de Lcsurques démontre ejne ces faits sont imputables à
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336 LAFFAIBK DU COllHHIER DE I.YON
celui-ci, et Dubosq n, sur ce point, en sa faveur, l'autorité de la chose jugée '. »
11 ajoutait (1 qu'il était impossible d'accorder aucune conRance au\ dires d'un témoin aussi versatile que la femme Alfroj, d'un témoin qui avait été capable, pendant si longtemps, de masquer la vérité, en admettant même (]uc sa dernière déclaration fût sincère et spontanée, ce qui était moins que certain! Combien plus dignes de foi étaient ceu\ qui, dès le premier jour jusqu'au dernier, n'avaient jamais varié dans leurs dépositions, a
Il montrait enfin le rôle étrange joué par M. Daubanton, le dévouement inexplicable et insolite de ce dernier, la ténacité et l'intérêt de la famille Lesurques s'acharnant sur un malheureux que son passé vouaît.à la sévérité de ses juges.
Ce fut un beau morceau d'éloquence, mais ses efforts furent impuissants devant les antécédents de son client.
Si Dubosq n'avait point élc reconnu par tous lea témoins de la route, la dernière déposition de la femme . Alfroy était là, fatale pour lui! Les aveux de ses coaccusés l'accablaient; ses relations avec ceux-ci constituaient de graves présomptions, et, malheureusement pour lui, sa culpabilité était presque "certaine sans qu'elle pût toutefois rendre éclatante l'innocence de Lesurques.
Un doute, et un doute terrible en sa faveur, certes, subsistait; mais son passé se dressait accusateur, et c'était contre Inique venait se briser toute la véhémente éloquence de son fougueux défenseur.
Quant à la fille Barrière, elle se trouvait reléguée au