FAMILI.K LEKURQi:?:S
Nous croyons inléressant de la rapporter ici en entier :
Besançon, le t6 brumaire an V.
Ciloyeii rr présentant,
Je viens de lire voire 1 1 t 1" fla' d Ih u
Lrsurqop, condamne )io l nat du ' Ly
mon eœur en est navrti, 1 t nt ul j I t
eusse |)u échirrir le fa l a h U In l {lu t tou <.e que je tais Vou^ app ni a an f 1
JUaiv juge de paix à B an n la n anl a
la<tLp(ftti<>n de Ift (uns t L nt ( t t 1
pmiisiiiti d un liunune j I t 1 d X U nt
en isiignals (jii en or tl g t 1 1 I g d Pa
vint me prier de faire ^1 la f d 1 [
s'était réfugiiîc à Besanç n I | I a t u ' I '
ilcpuis Ly<iih Je l'arrêta p e 1 ni In] j ] dans un prncès-wrlial d | n jug d pa x I I y
Ce procès-verbal rcnf na t I g al t 1 I h
accusé de vol. La fenii n a on da ^t j
cupai de rin^lrnctinn djoèDxad j 1
«ent et tout k coup je suis informé que le nian de la i tenue a te r | n | al du I cla t dans la Ile J ts
sa reehercl e q at c co 'il r i de ] 1 ce qu e 1 è
nent au ! o t d un | art 1 i e rc Je le roconna s à son s gi aie neni je le fa Ion lier je lu trouve d sept ent m Ile franc!» i ss |;nat I slru t I 1 aut ergc ou 1 éta t entré en arrivant a la lie j y ours et je Ir c lans sa
ail e environ de x ni lo d or J for no c ntre 1 hom e et la fe e et je découvre [ Is sont les oie rs et jue ce qu J a SI e l le fru t ou 1 objet du vol Je co n plète ma procédure et j'envoie les pièces et- les prévenus à l.yon pour leur procès leur être fait. L'iiomnie a été condamné à quatorze ans de fers et la femme à quatorze ans de prison, convaincus de vol avec effraction, et dans une aulierge où ils élaienl reçus.
as.
D,^,-„...,Coogli:
406 L AFI'AIRE DU COURRIER DK LYON
L'avant-voilte de son jugement, l'accuse escalada les inurs de sa prison. Sa femiiic ne fut pas ]jlul6t- à la iiiaisea de force qu'il l'en lira, et tous ileiix sont libres.
Dans le cours de l'iiislruction au Tribunal vriminel, on acquit la preuve qu'il avait déjà, t'tê condamné aux fers par le Tribunal criminel di^ Uéparteiiient de la Seine. Eh bien, cet lionnne est Dubosc, c'est t'honime dt'signé, par Couriol.
Ce Dûbose avait les cheveux elifllains et ync perruque bUindo; le» cbcveux des faces élaient lisses; il avait par derrière une cadenette retroussée. Je trouvai dans sa vaijse une autre perruque noire; il on cbangeait à volonté pour iipérer le déguisement qu'il soubailail. Ce Dubosc était déjà connu par des vols de tous genres; il possédait à. fond l'art du crime, ol, depuis son évasion, lorsque j'apprenais que quelques crimes énormes s'é (aient commis, soit à Lyon, soif à Paris, je n'ai jauiais douté qu'il n'en filt l'auteur.
Lorsque j'ai lu votre rapport dans le Moniteur, j'ai reconnu les Iraits de Dubosc. L'éditeur a imprimé Duboscq, mais c'est l'ignorance des lettres qui composent son nom : c'est Dubosr et non Duboseq. Il m'a suffi de sa perruque blonde pour le reconnaître. Cet liomme était capable de tous les criioes, et c'est lui, je n'en doute pas, que Couriol a désigné, et c'est lui qui est le complice de l'assassin.
Ce Dubosc, depuis son évasion, mémo pendant sa détention, m'a envoyé de son ccrilure; il ne me pardonnait pas son arrestation; il en exhalait dans ses lettres toute sa colère et ses désirs de vengeance; je vous en fais passer deux sous ce pli.
Veuillez informer le ministre de la Justice de ces faits; le signalement de Dubosc est au greffe du Tribunal criminel du département de la Seine ; qu'il donne les ordres les plus sévères pour le faire prendre. S'il reste libre, vous verrw encore des crimes horribles de sa façon.
Lorsque j'instruisis son procès, à Besançon, pour le vi'l de deux millions qu'il avait commis dans une auberge du Parc, à Lyon, je me fis remettre, à l'aide de la force armée, par le directeur de la poste aux lettres, plusieurs missives
LA FAMrLi.R I.ESUHIjrKfi 407
t^critos à Besançon, posti- rcslante, tant par lui i|iic jmr ses associi^s, (les adresses su|j[msées.
J'y dc^coiivris et la Irame et ceux f|iLi l'avaient iiunlie; i'ps
Iptlres sont déposées au greffe du Triliunal iriiiiiiiel de Lyon,
Ainsi, citoyen, l'énoDi'Jation Taite par Coiiriol du nom de
. DubosL'q ou Uubosç n'est pas le fruit de rinqioslure, e'est la
vérité loutft pure.
Vous trouverez jieu d'ordre dans celte leftre, mais je vous l'éi-ris encore plein de l'éuiolion ijue m'a causée ta lecture de votre rapport, et la reconnaissance que j'ai eu lieu de Taire des traits de Dubosc.
Le sort de Lesurque ui'arradie des larmes. Quelle victime, des erreurs de l'humanité ! Hais, .s'il se peut, travaillez à la réhabilitation de sa mémoire; ce sera la stérile consolation de sa famille.
Les faits dont je vous parle se sont passés dans le tii- .meslre de messidor an V. Je suis, ciloven, avec l'estime le plus sincère de vos talents.
Votre concitoyen.
Signé : Jarby, Homme de loi à Besançon,
Dès que la famille eut vent de la révélation de cette pièce, et qu'elle eut pu en obtenir une copie, elle adressa une pétition à la Chambre des députés (avril i833).
La Chambre, cette fois encore, en ordonna le renvoi au garde des Sceaux, mais là cette nouvelle demande tomba en sommeil dans les cartons du ministère.
Pour la réveiller, Mélanie I,esurques qui venait de perdre son mari, M. d'Anjou, s'adresse en octobre i833 au roi Louis-Pbi lippe.
Elle n'obtient pour sa famille qu'une nouvelle restitution de lôaai francs sur les biens confisqués.
D,^,-„...,Cooglc
Cette satisfaction purement pécuniaire ne lui parut point suffisBiitc, et c'est aux pieds de la reine Marie- Amélie que. le 6 mars i83ti, elle porta ses prières.
La reine ne pouvait vraiment point faire de sa propre autorité ce pourquoi les pouvoirs publics s'étaient jusqu'ici trouvés impuissants.
C'est alors que la famille Lesurques songea à s'adresser à un défenseur influent. M' Grémieux, avocat aux Conseils.
Celui-ci commença par adresser une supplique au Roi et une pétition à la Chambre des dépulés, le 37 mars i8H^, soumettant deux propositions ;
1" Il y a nécessité de proclamer judiciairement l'innocence d'un homme condamné par erreur ;
3° 11 y a nécessité de proclamer légalement que Ter- . reur dans les jugements humains doit être réparée, môme quand ces jugements émanent de la plus sainte, de la plus auguste des juridictions, de l'assemblée du jury.
Tout ce qu'il put oblenir, et cela pécuniairement, était déjà fort appréciable, ce fut une nouvelle, mais, il est vrai, dernière restitution de a5a 000 francs, ce qui portait le montant des restitutions faites au chiffre total de 491 736 fr. 51',
Cette satisfaction modéra le zèle de la famille pendant près de dix ans.
Il est vrai que M"" veuve Lesurqiies après une lutte obstinée et des efforts ince anls [ cndant près de quarante ans, vcnnît de s'cte nd e pu e