‹ L'affaire grecqueChapitre 10 sur 16 · LE MATÉRIEL DE GUERRE · texte numérisé non relu

LE MATÉRIEL DE GUERRE

cembre, et le reste pour le 15. Il justifiait cette exigence par cette remarque : « La place du matériel que je demande n'est pas au fond des magasins militaires, mais sur le front de Monastir, en Macédoine, où vont se décider les destinées des Etats balkaniques. » Le 24 également, le gouvernement de Salonique déclara la guerre à la Bulgarie et à l'Allemagne. N'étant pas en mesure d'envoyer une notification directe à ces deux puissances, il pria les gouvernements alliés de vouloir bien se charger de ce soin. On n'a jamais dit si ceux-ci s'acquittèrent de cette mission.

Les derniers jours du mois présentèrent une extrême confusion. La Ligue militaire se reconstitua. Les officiers excitèrent les soldats dans les casernes, les réservistes furent armés, les éléments perturbateurs furent enrôlés par les agents du général Dousmanis. Des rixes éclatèrent dans les rues, de nombreux venizélistes furent maltraités. Le 26, un détachement de 200 fusiliers marins français vint renforcer le petit contingent cantonné au Zappeion. Dans la capitale une surexcitation artificielle s'accrut à chaque heure. En province, où elle n'existait pas, le gouvernement la simula. 11 imaginn

une jacquerie en Thessalie, un massacre de soldats à Ecaterini. Or les paysans thessaliens n'avaient bougé nulle part et le préfet de Larissa lui-même reconnut que personne dans sa province n'avait entendu parler de rébellion. Quant aux evzones d' Ecaterini, aucun n'avait été molesté, ce qui n'empêcha point les gounaristes de commander un Requiem solennel — interdit au dernier moment — pour « célébrer l'entrée dans l'immortalité des héros tombés glorieusement dans un combat contre les traîtres ». A la faveur de ces tragi-comédies, on créa une agitation qui pouvait à tout instant se transformer en émeutes et en massacres. Dans la nuit du 27, de très nombreuses maisons habitées par des venizélistes furent marquées de cercles rouges. Les chefs des réservistes proclamèrent qu'ils empêcheraient par la force la remise des armes, même si le gouvernement l'accordait. Des tranchées furent creusées dans le voisinage immédiat d'Athèri,es, des emplacements de mitrailleuses et de canons aménagés.

Le 27, M. Zalocostas adressa aux représentants des puissances neutres à Athènes une protestation contre le blocus du détroit de

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