‹ L'affaire grecqueChapitre 6 sur 16 · LES ÉLECTIONS GENERALES · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS GENERALES

cessivement M. Denys Cochin et Lord Kitchener furent l'objet de témoignages d'amitié. Cependant, moins de quinze jours après son arrivée au pouvoir, M. Scouloudis annonçait l'intention de faire désarmer et interner les troupes alliées, soit serbes, soit franco-anglaises, qui viendraient à être repoussées sur le territoire grec. Enhardi par des complaisances inatten- 4ues et des confidences encourageantes de personnages de l'Entente hostiles à l'entreprise macédonienne, il prétendit appliquer strictement en l'espèce les règles ordinaires de la neutralité. Il fallut des « restrictions commerciales » et une note comminatoire pour le rappeler au respect des engagements de la Grèce et de ses propres déclarations du 9 novembre. Le 24 novembre, après une discussion pénible, il accepta de laisser aux troupes alliées la liberté de leurs mouvements et l'usage des voies et moyens de transport nécessaires. Mais un des membres de son Cabinet caractérisait exactement cet accord en disant : « Les choses se sont heureusement arrangées grâce à la profondeur de vues de l'Allemagne, qui a bien voulu ne pas mettre d'obstacles à notre neutralité bienveillante en faveur de l'Entente, »

9G T. 'affaire grecque

En Grèce, les Alliés bénéficiaient non plus de la bienveillance de la Grèce, mais de celle de r Allemagne. Guillaume II conseillait la patience à Constantin jusqu'au moment où les armées des deux beaux-frères pourraient tomber ensemble sur les nôtres.

Il n'y eut pas de campagne électorale. M. Venizélos invita ses amis à ne pas poser leur candidature, et les électeurs à s'abstenir. D'après lui, l'abstention restait le seul moyen pour le parti libéral de manifester sa force. En effet, la moitié des votants se trouvait sous les armes, y compris cinquante-trois députés venizélistes. Le gouvernement se montrait prêt à donner des permissions à ses partisans et à les refuser à ses adversaires. La consultation électorale se présentait comme une comédie, et les élus n'étaient même pas sûrs de pouvoir siéger puisque cela dépendait de l'autorisation des autorités militaires. Si les libéraux participaient au scrutin, le gouvernement ne manquerait pas de soutenir que le peuple avait ratifié sa politique. Il valait mieux laisser aux anciens partis, revenus illégalement au pouvoir, la responsabilité des événements. Dans une réunion du parti libéral tenue chez lui le 21 novembre,

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