LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES
M. Venizélos fit approuver cette tactique. Puis, le même jour il publia un manifeste explicatif dont voici la conclusion :
Le gouvernement veut jouer une comédie politique indigne d'un peuple libre. C^est par dérision qu'il donne à cette comédie le nom de manifestation de la volonté nationale.
A cette comédie politique qui a précisément pour objet de ne pas laisser se manifester la volonté nationale et de donner à croire par un scrutin faussé que le peuple approuverait non seulement la honte de la non-exécution d'un traité d'alliance, qui a permis à la Grèce d'étendre ses frontières jusqu'au Nestos, mais aussi l'avilissement de notre régime politique et V éloi gnement des amis naturels de la Grèce, — à cette comédie politique, dis- je, le parti libéral a le devoir de ne pas prendre part, afin de ne pas donner une apparence de légalité à ce qui doit être dénoncé, conformément à la réalité des choses, comme la violation de la loi constitutionnelle et de la morale.
Le parti libéral, en ne participant pas aux élections, n'abandonne pas la politique et ne se dérobe pas à la lutte. Au contraire, par cette Gauvain 7
ahstentioUy il continue à participer à la politique.
Il laisse au gouvernement, auteur de cette situation, la responsabilité pleine et entière et de la déviation de notre régime politique et des désastres auxquels cette politique conduit la nation. En même temps, notre parti essaye aussi de prévenir d'autres dangers, ceux qui pourraient résulter d'une lutte intestine, susceptible de devenir rapidement aiguë, au milieu d'une crise extérieure.
Quand la crise extérieure sera terminée, et si les désastres que nous prépare la politique du gouvernement ne prennent pas des proportions telles quen soit ébranlée notre foi dans l'avenir de V hellénisme, le parti libéral sera prêt à entreprendre la lutte où le pays est poussé pour la défense de ses libertés constitutionnelles.
Quelle que puisse être l'acuité de celte luHe futurcy elle sera conduite, alors, dans des conditions moins dangereuses que si elle se produisait aujourd'hui, au milieu de la crise nationale la plus terrible que nous ayons traversée.
La restauration des libertés du peuple hellène sera la condition indispensable du salut de l'Etat. Seule elle pourra le préserver du marasme et d'une fin sans gloire, auxquels le conduirait