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L AIIDICATION \1\
Pendant cjne les amis de Honssean s'agitaient en des senlinients divers, Ahrahani-dédron Hinel continnail à snivre avec attention cette bruyante alïaire, dont il esj)érait tirer (jueUjne profit pour son eas pins obscur. Dès qu'il a vent de la singulière déniarcbe de Rousseau, ilrelourneauprèsdessyndics. L'und'entre eux, Jean Cramer, lui répète ce que Fabri lui avait précédemment déclaré, ce que les conseillers s'accordent il expliquera qui les interroge : qu'il n'y avait pas eu de jugement^ au sens propre du mot, contre l'auteur d'Emi/e, mais que le Magnifique Conseil avait simplement « pris une délibération à son sujet' ». Cette explication paraît plausible à Binet, qui, l'ayant admise, ne s'explique plus l'abdication. Il s'empresse donc d'écrire à Rousseau pour lui raconter sa démarche et le désapprouver.
« ... Si, dans rinstruction qu'il vous plaira de me donner, vous me faites comprendre que nos lois sont actuellement blessées par rapport à votre affaire, je me charge avec autant de zèle que j'en ai pour mon salut, d'en faire mes très humbles représentations à MM. les Sindics pour en obtenir le redressement. Mais s'il était vray, comme je le désire, que ce ne soit que sur un faux exposé que vous êtes porté à abdiquer, vous êtes en plein droit de retirer votre lettre, et, véritablement, il y aurait de l'équité à le faire; il y a des citoyens, quoiqu'ayant resté dans le silence, qui sont très dignes d'avoir un compatriote tel que vous, ces hommes-là font votre patrie et la mienne ^ »
Binet ne s'en tient pas là : il se rend chez un des défenseurs de Bousseau pour lui exprimer sa surprise de l'abdication. Les deux hommes exa-