Mémoire, n
LAIJDICATION 171^
satioii servait d'.u'i^unu'Jit sans répliqiif, (îoiitni ceux dont on ne partageait pas les o[)inions.
Housseau observait de loin les eiïets de sa singulii^n-e dénuii'che. On pent croire qn'il en éprouva quelque inquiétude, ou peut-être craignit-il une maladresse de ses amis : il se décida à prendre un nouveau conlident, qui jusqu'alors ne faisait pas partie de son état-major. C'était un négociant, nommé Marc Chappuis, dont il avait fait la connaissant en traversant Genève à son retour de Venise, en 174 i'. Pourquoi, lui qui se plaint toujours de l'étendue de sa correspondance, lui qui néglige souvent de répondre à ses amis les plus zélés, s'adresse-t-il à ce personnage de second plan? Il avait certainement quelque dessein secret : la brève lettre serrée qu'il lui écrit le 21 mai paraît l'indiquer- ; elle n'aurait aucune raison d'être, si elle n'était une invite a la discussion. Elle lui attire une réponse peu favorable — qu'il prévoyait, sans doute, qu'il attendait peut-être. Il réplique aussitôt, le 26^, par une apologie de son acte, qui est un bel exemple de son éloquente dialectique. Il s'y plaint de TinditTérence des citoyens vis-à-vis de l'arrêt arbitraire porté contre lui, — inditlerence qui les rend complices de leur gouvernement : <( Un homme aussi éclairé que vous ignore-t-il que toute démarche publique faite par le magistrat est censée faite par tout l'Etat, lors qu'aucun de ceux qui ont le droit de la désavouer ne la désavoue... Si cinq