‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 107 sur 200 · Né en · texte numérisé non relu

Né en

3. 1722-1778. Je trouve celte allégation dans une lettre de J.-L. Dupan aux F'reudenreich, datée du 14 mai, sans indication de l'année, qui doit être 1768 (Arch. du château de Monnaz) : « On prétend que Divernois était à son aise depuis qu'il avait hérité du fameux Mandrin qui fut roué à Valence. Ce chef des contrebandiers lui avait remis, dit-on, une forte somme en dépôt en lui disant qu'il pouvait se l'approprier au cas que lui, Mandrin, fut pris etexécutéà mort». M. F. Funck-lirenLano, qui connaît si bien la biographie de Mandrin, et que j'ai consulté à ce sujet, n"a pu me fournir aucun renseignement.

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Rousseau, ils songeaient moins à redresser un tort particulier, qu'à jouer une partie pour laquelle il leur fournissait le merveilleux atout de son talent'. Ils l'admiraient sans doute ou l'avaient admiré, mais nous sommes fondés à croire qu'ils le jugeaient aussi, et même avec une extrême sévérité, si du moins ce sont leurs opinions qu'expriment les pages violentes et dures que lui consacra plus tard Jean-André De Luc et que nous avons rappelées plus haut.

D'ailleurs, ces associés, réunis par un intérêt commun, ne s'estimaient guère. Rousseau jouait, de son côté, la même comédie avec eux : s'il acceptait le concours de ses défenseurs, il ne se faisait aucune illusion sur leur compte. Leurs lettres l'irritaient, par leur étroitesse, leur formalisme, leur pédanterie, leur sottise : cela se devine quelque fois au tour de ses réponses. Leurs visites l'exaspéraient, il l'a dit en propres termes dans ce douzième livre des Coii fessions que Jean- André De Luc put connaître, — ce qui explique peut-être bien la franchise inattendue du Discours préliminaire :

« J'eus aussi des visites de Genève tant et plus. Les De Luc père et fils me choisirent successivement pour leur gardemalade : le père tomba malade en route; le fils l'était en partant de Genève; tous deux vinrent se rétablir chez moi. Des ministres, des parents, des cagots, des quidams de toute

1. Les sentiments des partisans de Rousseau ont été fort bien analysés par M. Alexéietf, qui cependant se montre, à mon sens, trop favorable à De Luc, dans son chapitre intitulé Attitude des Genevois envers Rousseau et ses doctrines politiques : 11, .'^ part., ch. iiV

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espèce, vouaient do (ionève et do Suisse, non pas comnic ceux do France, pour nf admirer e(. nio peisiOor, mais pour me tancer et mo catécliisor, »

En olTet, clans co Ditfcotfrs f) ri' liminaire dos Lel/res sur r histoire plujsiqiie de la terre ^ qne nous avons tléjà cité, ce savant, qui le soutint, qui lui écrivit avec les marques du plus pi-ofond respect', s'applique à montrer en lui Vexemple du désastre que peut produire dans une conscience u l'abandon de la religion, le seul guide salutaire de Thomme - ». Il n'hésite point h rappeler leurs relations, en insinuant qu'elles lui permirent di» découvrir dans l'âme ou la vie de Jean-Jacques dos traits que par une dernière pudeur il s'abstient de révéler, mais dont il ne laisse pas d'étayer son jugement. Il nous le montre entraîné par sa passion de l'indépendance aux pires écarts de conduite et de raison. En sorte que Rousseau, conclut-il, « avec de l'apparence de respect pour le christianisme, a fait plus de mal à la société que n'en a fait par l'irréligion ouverte son contemporain Voltaire ». Singulier aveu du partisan sur son chef! On objectera que ce jugement est de longtemps postérieur aux Représentations^ et que dans l'intervalle, les opinions de son auteur avaient pu se modilier : il n'eu traduit pas moins des impressions anciennes, il s'appuie sur des faits observés à ce moment-là, il est conforme aux croyances de Jean-André, comme à celles de son père. Ou bien, on alléguera que les agita-

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