‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 109 sur 200 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

en arrière des incidents qu'ils en puissent rapprocher. Ils distinguent une première illégalité dans le t'ait que Rousseau et ses deux ouvrages ont été condamnés sans que l'auteur ait été <( ouï ni appelé », en s'appuyant sur Tarticle 88 des Ordonnances ecclésiastiques. Si le Conseil arguait que cet article ne saurait s'appliquer au cas présent, puisqu'il ne visait que les délits d'opinion en matière religieuse et (\\x Emile et le Contrat traitaient aussi de matières politiques, les représentants répliqueraient que la condamnation ne pouvait avoir un motif politique puisque Rousseau, loin de chercher à renverser le gouvernement genevois, l'avait au contraire loué de toutes manières et donné en exemple au monde; qu'au surplus ses ouvrages, imprimés hors du territoire de la république, ne traitaient que de droit naturel et de politique générale, et que de tels ouvrages avaient toujours circulé librement à Genève ; que d'ailleurs eussent-ils attaqué la Constitution, l'auteur n'en pouvait être frappé sans avoir été cité et mis en demeure de se défendre. 1

Ensuite, les représentants s'appliquent à démontrer ''

que le colonel Pictet et le libraire Duvillard, ainsi J

que quelques années auparavant un avocat du nom J

de Mercier, ont été emprisonnés et condamnés illégalement, le tribunal qui les jugeait n'étant pas i' présidé par un syndic, comme les lois Teussent exigé. Sur ce deuxième point, leur argumentation est moins heureuse : car, si les syndics s'étaient trouvés exclus du tribunal dans les cas invoqués, c'était en vertu de la loi des récusations. Selon eux, une fois les quatre syndics récusés, il eût fallu

\. AIMHCATION ISS

(•onvo(|iU'r \c (loiiscil g(;n(^nil - [xuir «'liro iiii syndic f/d (uhini. )• Mais le cas irchiiil prcvii [)ai' Jiuciui article de loi, la solution qu'ils |)roposaieul eut rendu bien difficile la mise on œuvre de ra[)parcil judiciaire, en augmentant heauconp les droits populaires. Un paragraphe sij^nale encore l'irrégularité des emprisonnements « laits sans que l'accusé ait été niancfr^ examiné el intei'rofjê, par l'un de MM. les Syndics » ; et Texemple d'Abraham- Gédéon Binet est alors invoqué avec celui d'un autre citoyen, Jean-Aimé Gaudy. — Enfin, le document proteste contre le refus de restituer aux libraires Bardin vingt- quatre exemplaires d'Emile^ saisis et retenus sans que ces commerçants se fussent en rien mis dans leurs torts, puisqu'ils les avaient commandés avant l'arrêt, et les avaient déclarés.

Le jour même où il remettait cette Représentation au premier syndic, De Luc en adressait une copie à Rousseau. Dans sa réponse, datée du 25 juin, celui-ci approuve ^écrit^ et jugeant qu'il serait difficile de le réfuter, suppose qu'on le passera sous silence. Il ajoute cependant que les dernières lignes de la Représentation peuvent devenir gênantes même pour ceux qui les ont écrites-, et fait des vœux pour que l'atraire, dont il n'attend rien d'utile, se

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