‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 110 sur 200 · Recueil Aderl · texte numérisé non relu

Recueil Aderl

2. Voici celte conclusion de la Représentation : « Tels sont les griefs des citoyens et bourgeois : ils espèrent que le Magnifique Conseil les redressera par amour pour le maintien des loix, de Tordre et de la justice, c'est à quoi ils concluent; mais ils déclarent en même temps qu'une simple résolution négative, loin d'infirmer cette respectueuse Représentation, lui donneroit une nouvelle force. »

termine paisiblement. Il trouve d'ailleurs que cette démarche est trop tardive pour être eflicace. De Luc s'eiïorce de rectilier cette opinion. Selon lui, « on ne l'auroit pu faire seulement un jour plus tôt sans une imprudence manifeste » ; et il le prouverait s'il en avait le loisir! Mais les événements se précipitent : il n'a pas de temps à perdre en explications oiseuses. Il vient de voirie premier syndic, qui l'a mandé en compagnie de quatre autres représentants, et leur a remis la réponse du Conseil. Il est fort heureux d'en avoir une. (( Elle est appuyée de raisonnemens, explique t-il, et c'étoit là notre but : grand avantage pour nous ; car, comme vous en jugerés vous-même, ils sont pour la plupart contraires à l'esprit de nos loix et à leurs expressions formelles ^ » En répondant, le Conseil acceptait la discussion : De Luc et les siens ne demandaient que cela.

Cette réponse', après avoir posé en principe qu'une Représentation n'est pas une bonne voie d'appel en matière de revision des jugements, argumente sur les points faibles du document, en glissant sur le reste. Elle maintient le droit du Conseil de condamner des livres qui lui semblent dangereux, — droit que personne ne contestait, — écarte la question des syndics et celle des emprisonnements, fait une demi-concession sur le cas du libraire Bardin, en déclarant « qu'un objet particulier ne peut être celui d'une Représentation publique », mais que pourtant u le Conseil sera

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