Représentations el Ecrits, p
3. « ... Les cito5'en.s el l)ourgeois répondent en second lieu à la délibération du Magnifique Conseil « que l'honneur et la gloire de Dieu ne sont nullement intéressés à la flétrissure que reçoit un
nous avons un plaidoyer : la passion s'y cache à peine derrière le raisonnement; le ton, qui s'élève, indique que les Représentants prennent conscience de leur force, que leur nombre s'accroît, que leurs esprits s'enflamment, qu'ils se sentent mieux appuyés; la professioQ de respect pour les magistrats qui clôt le document n'en affaiblit point la portée. — Deux jours après avoir reçu ce texte, le Conseil décide qu'il n'y a pas lieu de revenir sur la réponse donnée le 25 juillets Cette décision provoque une troisième Représentation -, plus sévère, celle-là, plus âpre, plus péremptoire, visant plus loin. Ses rédacteurs constatent que la réponse du Conseil (( semble vouloir consacrer des maximes qui tendent à mettre des bornes au droit de faire des Représentations )), et que si les citoyens et le Conseil se trouvent en désaccord sur le sens de la loi, ce désaccord doit être tranché parle Pouvoir législatif, c'est-a-dire par le Conseil général. Ils maintiennent donc leurs Représentations, et terminent sur un ton qui devient menaçant : « Les citoyens et bourgeois se bornent là par amour pour la paix et pour
livre, parce que cette flétrissure n'en détruit pas les arfruniens. // faut faire honorer la Divinité et ne la venger jamais, dit Montesquieu. Les peines et les flétrissures décernées contre un livre et son auteur en vue de maintenir la sainte réformation évangélique, loin de leur être utiles, sont contraires à ses maximes, et aux préceptes derKvangile,qui ne criminalisent ni les doutes, ni les erreurs involontaires. Le Magnifique Conseil auroit prévenu suttisamment, et d'une manière même plus efficace, les dangereux effets qu'il craignoit des livres du sieur Rousseau en défendant provisionnelleiuent leur débit dans la ville; et personne n'eût pu se scandaliser de la modération dont il auroit usé en se conformant d'ailleurs aux lois. » (P. 26.)