In fine
gnaient, Ta dit dans ce quatrain qu'on ne saurait rappeler trop souvent :
Un docte à longs discours rassembla des vipères
Et leur prêchait fraternité ; Mais, dévoré bientôt par ce peuple de frères,
11 dit : (( Je l'ai bien mérité ^ ! »
Genève n'en était pas encore là et n'y devait jamais arriver, parce que les puissances voisines empêchèrent la révolution de déployer toutes ses ressources; mais les esprits étaient déjà si échauffés, qu'un grotesque incident allait aviver le dissentiment, et montrer que sur un corps malade la moindre piqûre a de la gravité.
Cet épisode occupe une certaine place dans l'histoire littéraire, parce qu'il fournit à Voltaire la matière de son poème héroï-comique, la Guerre civile de Genève-. Aussi a-t-ilété souvent raconté '.
Les débuts en remontent au mois de février de l'année 1763. A ce moment-là, une nommée Catherine Ferboz, non mariée, étant devenue mère, fut poursuivie de ce chef, et désigna pour son complice un certain Robert Covelle, bellâtre et bon vivant qui trouvait moyen de mener joyeuse vie à la barbe des Spectables et des Anciens. Cité devant le Consistoire, Covelle reconnut sa faute, en déclarant toutefois qu'il ne savait s'il était réellement le père de l'enfant en question. Privé de la Cène, et condamné
1. A. Chénier, Œuvres poétiques, éd. G. de Chénier. 111, 285.