Besançon, 1764, xvi-68 p
3. Entre autres par Desnoiresterres, Voltaire et Genève, chap. ii, et par M. G. Maugras, Voltaire et Rousseau, chap. xxi, etc.
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à s'a^ononillor (lovant \o Consistoire ponr implorer lo pai'don (I(î I)i(Hi, il dcmianda nn délai de iinit jours j)our réllechir ^ l*]n attendant, le IN'tit Conseil le fit mettre en prison. Quand il en sortit, au li(;u de j)ur,i;ei' Innnhlement sa peine, il protesta, s'agita, ouvrit une campagne contre la génuflexion, dont il s'ell'orça d'établir l'illégal i lé. On le crut poussé par Voltaire, — toujours ! — que cette afl'aire devait amuser ; il était en tout cas appuyé par quelquesuns de ses compatriotes, qui guettaient toutes les occasions d'attaquer l'armature surannée des institutions genevoises, et il fut reçu h Ferney.
11 semble bien que cette peine humiliante de la génutlexion se fût introduite par l'usage, sans avoir jamais été prévue ni sanctionnée par aucune loi positive. Mais elle existait de fait, appliquée avec une extrême libéralité : quand on en chercha des exemples, on en trouva plus de trois mille dans les registres du Consistoire-. Personne n'avait jamais songé à protester contre un tel abus, tant l'autorité de ce corps avait été tyrannique, arbitraire et respectée. La réclamation de Covelle n'en rallia pas moins les sympathies de ceux qui, depuis si longtemps, s'inclinaient en silence. D'autant plus que, coupable d'excéder ses droits sur ce point, le Consistoire commettait encore couramment une autre irrégularité, qui ne pouvait avoir pour excuse le souci de la moralité publique: il admettait dans son assemblée des ministres de la
i. Dcsnoireslerres, p. 76.
2. Nouvelle Conaidéralion sur la génuflexion. N" 838 de la Bibliographie Rivoire.
campagne, tandis qu'il n'y pouvait siéger que des minisires de la ville, en fonctions, et des Anciens laïques. Nouveau grief, que Govelle et ses amis ajoutèrent au précédent pour en augmenter le poids, dans leur premier pamphlets Ce petit écrit, d'une tournure assez vive, d'un ton assez mordant, montre bien que les revendications de ses auteurs dépassaient la portée de Tincident; car, après avoir demandé que le Consistoire revienne à sa composition régulière et s'en tienne aux peines que la loi lui permet de distribuer, il conclut, en élargissant la question: « Gardons-nous de ces actes d'autorité qui sont conduits dans le silence, qui sont obscurs, qui sont exercés d'abord sur des gens obscurs euxmêmes ; bientôt ils tomberont sur dlionnétes citoyens, sur des hommes qui se croyaient libres et qui se trouveront bien surpris de ne l'être plus -. » A peine parue, cette brochure, qui n'avait cependant rien de subversif, fut lue au Conseil et supprimée^, le pouvoir civil prêtant ainsi son aide au pouvoir religieux. Tant de rigueur contre des libelles qui ne dépassaient pas les bornes permises de la discussion, augmentait le nombre des mécontents, produisait les effets qu'obtiennent toujours les gouvernements impopulaires qui essaient de lutter par la force contre l'opinion. (Je dis les gouvernements i?)ipopidaires^ parce que ceux qu'appuie la faveur du peuple peuvent se permettre impunément
1. (iéim/k'xio)i. Inipriiué à Neuchàtel. 12 p. in-1-2. N" ~6Û de la Bibliographie Rivoire.