Le 8 janvier 1765. Mss. de Neuchàtel
'.]. La lettre, datée seulement de janvier, se trouve dans les archives du château de Goppet. Un peu plus tard, le 18 février, Tronchin reprend le même thème, et sa lettre indique que sa correspondante, en ce moment, s'éloignait de Rousseau :
Faut-il d'autres exemples? Voici encore le conseiller Jean-Louis Dupan. Il s'était laissé quel- ([uelois séduire par l'éloquence de Rousseau, bien qu'il fût d'un autre bord et ne pût l'approuver quand il raillait les agréments de la vie sociale ou les bienfaits d'un gouvernement prudent. Maintenant, l'indignation l'emporte :
« L'auleur, écrit-ilauxFreudenreich, a d'abord excité chez moi les mouvements de la colère que l'on ressent contre un ennemi injuste et violent, un second sentiment s'est joint au premier, c'est un grand mépris pour le caractère de cet homme. La passion de la vengeance n'est jamais pardonnable chez un homme qui affecte toujours les vertus de l'Evangile et de la philosophie, mais elle pourrait (être) excusable chez un homme qui déclarerait la guerre et qui la ferait avec noblesse, avec de la franchise et de la bonne foi. Cet homme, au contraire, n'employé que la ruse et l'artifice, le mensonge, la fausseté, et donne pour avérés des faits qui n'ont aucun fondement, il suppose à notre Conseil des principes auxquels il n'a jamais pensé, il établit des maximes entièrement contraires à nos loix. Rousseau a trop d'esprit pour ne pas sentir le vrai ou le faux de ce qu'il écrit, mais tout est bon pour le peuple qui ne sait pas examiner et pour les étrangers qui ne le peuvent pas'. »
« Je ne suis point surpris, Madame, que vous n'ayez pu lire les lettres de l'incendiaire. Son ton inhumain n'est pas fait pour vous qui êtes la douceur et la bonté mêmes. Il a écrit pour les démons de Milton qui, après avoir été chassés du ciel, maudissaient les dieux. C'est un démon plus démon queux. C'est un monstre dont le masque ne trompe plus personne. 11 s'est montré ce qu'il était, dans le temps même où tant de bonnes gens s'y trompaient. M. Vernes est actuellement aux prises avec lui à l'occasion de certaine brochure que Rousseau a très injustement mise sur son compte. Vernes s'est justifié, mais Rousseau ne veut rien faire pour etfacer sa calomnie. Gela s'appelle maintenir l'unité de son action... » {Id.). M. H. Tronchin a publié une partie de ce fragment dans son article sur Rousseau et le D" Tronchin (Annales de la Société J.-J. Rousseau, t. I, p. 56).