Memorie recondite, fol
3. « ... En général, les ritoycns dans ['inaction sonl des personnes riches, adonnées au luxe et à la mollesse, guidées par le désir de se distinguer, penseroienl-ils à delendre les droits de la multitude? Elle ne dispense ni les honneurs, ni les distinetions. Les représentants, au contraire, pénétrés de respect pour les lois divines et huuiaines, honorent leurs magistrats par une conséquence ncces- 6«ù'e de leurs principes, bons citoyens, bons |)ères. bons amis, au-dessus de tout reproche de la part de leurs supérieurs, n'attendant aucune récompense de leurs concitoyens, mais la portant en eux-mêmes; et dans le délicieux sentiment de faire leur devoir, ils sont tons ou presque tous livrés aux soins pénibles et assidus du commerce, de leurs professions et de leurs famill(>s. l'ourquoi donc se portent-ils à fairi' des représentations et à les soutenir avec tant de constance et de fermeté? »
(leile lU'ponsv fui (•()m|)l(U(^e, lo 31 janvier, i)«ir la publication (rune Addîfu/ii^ (pion allribua soil à rim (les lils l)(i Luc, soit à Pierre JVloucliou, (jui était alors régent de hi sixièuK; (liasse du collège et allait devenir pasteur de l'Eglise française de liàle. LM^A////()/i, consacrée exclusivement à Texamen du droit négatif, s'appliquait à démontrer qu'on ne pouvait raisonnablement l'atlribuer au Petit Conseil.
La publication presque simultanée des Lettres de la wontafjne^ de la Réponse et de Y Addition^ affirmait la vitalité d'un parti que les amis du Gouvernement avaient cru écrasé. Aussi voit-on les Négatifs, tout à rheure si rassurés, manifester de nouveau quelque inqui('tude. Gbarles Bonnet, par exemple, qui continue à entretenir des affaires publiques ses nombreux correspondants, se plaint à Hallerde la « vengeance » de Rousseau, — car sa clairvoyance ne trouve pas d'autre cause à tant d'agitations qu'une rancune personnelle. Cette vengeance, explique-il, « est d'autant plus cruelle qu'il a même réussi à faire passer son ressentiment dans le cœur d'un très grand nombre de citoyens, qui, sous l'administration la plus sage, s'imaginent déjà d'être sous une dure servitude - ». Voilà bien l'aveuglement du parti! Ces hommes satisfaits de l'ordre institué, — qui depuis tant de générations en profitent, se plaisent au pouvoir et trouvent légitime de le détenir, puisqu'après tout les affaires marchent et que la république est prospère, — ne comprennent rien à ce mécontentement d'une classe instruite, intelligente,
\. Voir Bibliographie Rivoire, n° 798.