‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 157 sur 200 · Sans date. Arch. du château de Monnaz · texte numérisé non relu

Sans date. Arch. du château de Monnaz

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public, iiu(ï li'llrc; injmicuso au Conseil, etc., (île.., il n'y a point do liberté. Quo peut-on conclure de tout cela: c'est (]U(-' nous ne pouvons point subsister dans cet état dt; guéries ; c'est que notre (iouvernement, (fui n'est fondé que sur une conliance récipro(iue, ne vaut plus rien dès que toute confiance est bannie. Ouels cbangernents faul-il faire et par (luelle voye? Cela est difficile à décider. IJne nouvelle médiation peut mettre en compromis l'existence île la république, el l'ouvrage des précédents médiateurs ne nous a pas donné la paix. D'un autre côté, si nos bourgeois veulent un gouvernement absolument populaire, on ne peut pas y consentir, mais si l'on pinit s'accommoder avec eux à des conditions supportables, je i)référ(M'ais ce moyen. >•

J.-L. Dupan, ses (•ollr^ues et leurs amis voient bien qu'il se passe « quelque chose »; mais ils ne savent ce que c'est. Ils sont incapables de comprendre que celte bourgeoisie, qui est leur égale à tant d'égards, ne se contente plus de son bienêtre, et réclame des droits; que, lasse d'être gouvernée, fût-ce bien, elle demande à se gouverner elle-même; qu'elle inaugure un mouvement dont leurs esprits routiniers ne pourraient ni prévoir, ni concevoir, ni seulement pressentir les suites. Dans le môme temps, leurs voisins de Berne, avec lesquels ils correspondent si volontiers, commettent les mêmes erreurs de jugement ; et aussi leurs voisins de France, et leurs bons amis de Ziiricb. Cne fois encore, ces médiateurs, qui les ont déjà tirés de pas difficiles, leur rendront le service de les » accommoder » : ce sera la dernière : et eux aussi, dont l'établissement paraît plus solide, devront bientôt se débattre avec les mêmes diflicultés, essayer avec la même impuissance de résister aux mêmes ennemis, céder enfin la place aux mêmes énergies, aux

mèinos appétits. Aussi ces hommes anciens, ces fidèles d'un régime dont les jours sont comptés, ont-ils parfois le sentiment de leur détresse. Ils voient les bataillons des adversaires grossir de jour en jour, et dans le vide qui se fait autour d'eux, se trompent sur les conditions de l'attaque, sur le plan de la défense, sur les mouvements, sur les manœuvres. Battus à chaque escarmouche, ils se consolent comme ils peuvent, en se répétant qu'ils ne sont pas encore tout à fait isolés, qu'il leur reste des partisans, que leurs adversaires ne l'emportent que par l'intimidation et l'audace. « Ce n'est pas, dit Jean Cramer', qu'il n'y eût encore un grand nombre de citoyens, qui gémissoient du sort de la patrie, qui rendoient justice au Conseil, etluiconservoient leur conliance; mais la violence des circonstances les tenoit dans l'oppression et lesréduisoitau silence. Dans les mouvemens populaires, un homme emporté pèse plus que cent modérés et tranquilles. » Or, tous les Représentants étaient <( emportés », et tous les Négatifs étaient (( modérés et tranquilles », et n'étaient certes pas cent contre un...

Le résident de France, plus désintéressé dans la question, ne s'y trompait guère. Le 7 février, en communiquant à son ministre le résultat de l'élection des syndics, où le Gouvernement ne l'a guère emporté que d'une centaine de voix, il ajoute : u Ordinairement les magistrats qui reviennent au syndicat ont chacun mille et onze cent voix. Les

\. Memorie recondlle, fol. 4.

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olcctoui's sont ])i'('s(|ii(', lonjoiii's nu norrihic de 1.700'. » Il comprend 1res \nv.\\ le .S(*iis mcnagaiil (m'it le clhiMi^eineiil (les proportions liahitiielles du scnilin, allribne à liisenle inlerveiîlion de Honsseau eelle ellervescence, qn'il s'ell'orce (ra[)aiser : « .le tâche, par un discours, de Faire revenir les plus cchaulîés el (|iii ont \v })lns de ciédit parmi lenrs concitoyens d'un aveuglement qui peut causer les plus grands maux, et peut-être ais-jc contrihuc à l'heureux succès de rélection. Le Conseil en 6st persuadé et me marque h cet égard la plus grande confiance et une vérilahle reconnaissance'^. » Le duc de Praslin, lui, s'étonne simplement qu'il ne soit pas plus facile de ramener « les gens sensés », en leur montrant « l'inconséquence )> des raisonnements de Rousseau, et « la fausseté de ses principes, puisque le même gouvernement qu'il attaque actuellement avec tant d'animosilé a été l'objet de son admiration et de ses plus grands éloges avant (\u\hJmiie et le Contrat social eussent été condamnés"* ».

Dans ces circonstances difliciles, le Petit Conseil, après avoir longtemps cherché un moyen de rallier les opposants, s'arrêta au plus singulier projet qu'ait jamais conçu un Gouvernement aux abois : celui d'inviter les citoyens et bourgeois à venir en corps déclarer aux syndics qu'ils conservaient leur confiance au Conseil; faute de quoi les conseillers démissionneraient, u et remettroient la domina-

1. Airli. (les Atl'aircs élningères, 7 janvier IKi."), vol. ~n, fol. ls2.

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