‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 189 sur 200 · F. Berthoud, p. IGT · texte numérisé non relu

F. Berthoud, p. IGT

2. La seconde de ces lettres renferme cet aveu assez piquant sur les raisons intimes qui poussèrent Montmollin à recevoir si facilement Jean-Jacques à la communion : « Quel est le pasteur qui ne se fût réjoui de voir M. Rousseau, dont la célébrité faisoit tant de bruit, se présenter sous une face aussi désirable pour la vérité et pour la religion? Je vous avoue. Monsieur, quindépendamment du plaisir que j'en ressentois pour le salut de M. Rousseau et pour Tédification de la chrétienté, mon amour-propre étoit flatté de cet événement, que je regardois comme un des plus glorieux de ma vie. » {Recueil de pièces, p. 90.)

POLÉMTOt'KS DF GENEVE. — TROUBLES DR MOTIRRR 33f>

H>^y///.ss', dont l'i-pi^rapho ompriint6(Miu Lnlrut — (( Ahime lout plutôt, c'est Tcsprit de Tl^glisc » — indique assez Tesprit. Le ton en est encore plus agressif, on pourrait din^ plus injurieux; rj»lla(|ue, plus directe et j)Ius personncdie. Parmi h^s pièces justilicatives qui l'accompagnent, figure une lettre de Rousseau, d'autant plus efficace qu'elle est d'un ton plus mesura-; elle renferme entre autres un long récit de ses relations avec le pasteur : récit qu'il ne serait point équitable d'accepter sans contrôle et qu'il est impossible de contrôler, puisque les scènes qu'il rapporte se sont passées dans le tète-à-tète, entre deux hommes séparés maintenant par la haine. Mais c'est un joli moi'ceau de comédie, qui dessine à merveille le caractère brouillon, fumeux, hésitant de Montmollin. Des remarques^ qui accompagnent l'écrit de Du Peyrou, recueillent comme dans un herbier toute la floraison des commérages qui s'étaient épanouis autour de Jean-Jacques dans le Val-de-Travers et dans la principauté.

La lecture, assez fastidieuse, de ces documents, montre que l'affaire Uousssau risquait de se développer à Neuchâtel dans le même sens à peu près qu'à Genève, et d'y provoquer des troubles assez voisins, sinon pareils. A Genève, elle était un épisode di^ long conflit ouvert entre les deux éléments constitutifs et opposés du gouvernement mixte; à Neucliàtel, elle pouvait ouvrir une phase nouvelle de la lutte séculaire entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux, que des incidents antérieurs

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