‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 19 sur 200 · Id., ibid.^ 17 septembre · texte numérisé non relu

Id., ibid.^ 17 septembre

4. Sur les relations de Bonnet et de Rousseau, cf. Tétude de M. Eugène Bitter, dans les Et rennes chrétiennes de 1893, à laquelle nous empruntons quelques citations.

5. (Encres de liousseau, Paris, 1820, in-8% Supplément, t. X.XIl, p. o8-64.

26 L AFFAIRE J.-J. HUl SSEAU

«^ Tout ce qui résulte immédiatement des facultés de l'homme ne doit-il pas être dit résulter de sa nature? Or, je crois que l'on démontre fort bien que Vétal de société résulte immédiatement des facultés de l'homme ; je n'en veux point alléguer d'autres preuves à notre savant auteur, que ses propres idées sur l'établissement des sociétés, idées ingénieuses et qu'il a si élégamment exprimées dans la seconde partie de son discours. Si donc Yétat de société découle des facultés de l'homme, il est naturel à l'homme. Il seroit donc aussi déraisonnable de se plaindre de ce que ses facultés, en se développant, ont donné naissance à cet état qu'il le seroit de se plaindre de ce que Dieu a donné à l'homme de (elles facultés. »

La pLiblicalioii de t Hélohc l'exaspéra. A vrai dire, il ne la lut pas^ ; mais il la devina, s'en fit, d'après ce qu'il en entendait dire, une opinion conforme à ses idées générales, et la condamna de seconde main. Le jugement qu'il en aurait porté après lecture n'eût d'ailleurs, sans aucun doute, point différé de celui qu'il porta ainsi, a priori : décidément, Rousseau n'était qu'un marchand de « paradoxes », qui ne séduirait jamais une « tète froide » comme la sienne'-.

1. A. De La Lande, G mai 1761. Etrennes chrétiennes de 1893. p. 196-197.

2. Il écrivait nu Vaudois J.-N.-S. AUamand, professeur de physique à l'Université de Leyde, le 4 février 1761 : « Cet auteur veut aller à la postérité à force do paradoxes et de séduction. II ne saurait séduire des têtes froides comme nous » {Id., p. 197). — Mais Allamnnd se trouva bientôt plus près de Rousseau que de Bonnet.

ROUSSEAl Kl I.KS GÉMiiVOIS 27

Faut-il JciTiger le 1)' Troiu^liin parmi les bavants ou parmi les gens du monde? Il marque la transition entre les deux groupes, auxquels il appartenait ('gaiement'.

Né en 1701), docteur de l'Université de Leyde, il avait exercé l'art de guérir à Amsterdam, et, rentr<' dans sa patrie, était professeur honoraire de médecine et membre laïque de la Compagnie des pasteurs. On sait qu'il fut l'apôtre de « l'innoculation ». Sa renommée attirait à Genève une foule d'étrangers de marque, qui venaient demander ses soins. 11 passait pour avoir un diagnostic infaillible. *« 11 semble qu'il lit dans les corps », disaiton de lui-. Ses clients, ses clientes surtout, avaient en sa science une conliance absolue. Voltaire croyait lui devoir la vie, le défendait contre le reproche de charlatanisme, ne l'appelait que « le Messie Troncliin », u le grand Tronchin », « l'Esculape ïronchin »'^. Ce grand médecin était en môme temps un homme aimable et bon. Ses nombreux portraits'',

1. \'. do Montet, Dictionnaire des Genevois et des Vaudois. — Senebier. Hist. lilt., III, p. 133-141. — Sayous, XVIII" siècle, 1, 1». 218-224. — Goflet, Hist. lill., p. 234-236. — Ilossel, Ihst. litt., II, p. 174-17o. — Ch. Borgeaud, VAcadénne de Calvin, passiin. — M. Henry Tronchin prépare une biographie du D'" Tronchin.

2. J.-L. Dupan aux Freudenreicb, l" février 17G2. Mss. du château de Monnaz.

3. Corresp.. éd. Garnier, Lettres 31 io, 320j, 3235, etc., etc.

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