‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 191 sur 200 · POLÉMIQUES DE GENÈVE. — TROUHLES DE MOTIERS · texte numérisé non relu

POLÉMIQUES DE GENÈVE. — TROUHLES DE MOTIERS

Celte mesure, en eiïet, rV'joiiil les plus fanntiqnos et les plus aveugles parmi les partisans du IN^lit Conseil : les premiers parce qu'ils tenaient plus à la satisfaction de leurs rancunes qu'au rétablissement de la p.'iix publique, les autres parce qu'à l'exemple du pasteur Jean Sarasin, ils prenaient Rousseau pour le véritable fauteur des troubles et supposaient que son action s'affaiblirait dans Téloi- £?nement. Mais les plus clairvoyants pressentent qu'ils ne gagneront rien à cet acte de sévérité, qu'ils sont pourtant obligés d'accepter sans l'oser blâmer. Jean Cramer, par exemple, avoue qu'il en a quelque regret, et qu'au fond il aurait préféré que Jean-Jacques « eût resté sous la main de Leurs Excellences ' ». Ce sentiment ne l'empêche point de trouver « le parti qui a été pris très naturel à tous égards ». Il ajoute, comme avec un soupir de soulagement : « J'espère d'ailleurs que s'il est une fois éloigné de quelques centaines de lieues, cet esprit turbulent et orgueilleux pourra s'occuper d'autres objets."^ » Cet espoir, du moins, était fondé : Rousseau partait, résolu à ne plus intervenir dans les atfaires de sa patrie ; mais il partait avec une auréole dont tant de persécutions devaient augmenter l'éclat. Ce proscrit qu'une population fanatique a voulu lapider, que les gouvernements chassent de ses asiles, dont les livres lancent à travers le monde, du haut de leurs bûchers, des lueurs magiques, que ses amis vénèrent comme

1. A Bonstetten, sans date. Mss. de la Société d'histoire de Genève.

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