‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 25 sur 200 · I(/., 4 décembre lloS · texte numérisé non relu

I(/., 4 décembre lloS

Si les gens du monde gardaient vis-à-vis des succès croissants de Rousseau une réserve prête à se changer en malveillance, les femmes étaient pour lui : et l'on sait quel rôle important leur échoit dans les conflits d'opinions qui touchent aux lettres, à la morale, à la religion.

Il y en avait alors, a Genève et autour de Genève, de fort distinguées, au premier rang desquelles il faut placer M"^ Suzanne Curchod ^

Sans être Genevoise, M'^*" Gurchod venait fréquemment à Genève, et faisait en quelque sorte partie de la société. Fille du pasteur de Crassier, instruite par son père qui lui avait enseigné le grec, elle était fort lettrée, et d'une beauté célèbre, un peu épaisse, mais qui devait s'afliner avec les années, comme le montre, dans la galerie du château de Goppet, un admirable portrait de Duplessis. Elle était d'âme passionnée, de cœur ardent, susceptible d'éprouver avec force toutes les émotions, tous les enthousiasmes ', fort admirée, un peu coquette. On trouve dans sa correspondance maintes déclarations, tantôt en vers, tantôt en prose. Ici, c'est Moultou qui rime pour elle un quatrain enflammé, sur une

1. Née à Crassier en [loi. — Voir sur elle, outre les ouvrages généraux souvent cités, ili*"* de Staèl et son Temps, par lady Blennerhasset, trad. par A. Dietrich, 3 vol. in-8, Paris, 1890 : — le Salon (le M""" Necker, par le comte d"Haussonville, 2 vol. in-12, Paris, 1900; mes articles de la Gazelle des Beaicv-Arls de janvier, mars ft avril 1905.

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