‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 38 sur 200 · II · texte numérisé non relu

II

politique se trouverait dissous par le seul fait de cet acte de sujétion; il la montre indivisible^ \ il l'aurait montrée infaillible -, s'il n'avait pris la précaution d'établir que le peuple peut éù^e trompé plutôt qu'il ne peut se tromper -^ Entin, s'il a reconnu, en principe, des bornes au pouvoir souverain du peuple^', nous ne distinguons point où il les a placées : puisqu'il commence par établir que, « comme la nature donne à chaque homme un pouvoir absolu sur tous ses membres, le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tous les siens ». La qualité même de cette image montre que, dans son esprit, le pacte social étant une sorte de phénomène de la nature, est obligatoire à la manière de la fatalité. A vrai dire, il prescrit qu'il y a pourtant quelque ditï'érence entre le souverain et les citoyens, et qu'il est nécessaire « de bien distinguer les droits respectifs de ceux-ci et de celui-là » ; mais, quand il cherche à préciser

Page 1