‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 42 sur 200 · IV, S · texte numérisé non relu

IV, S

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bliipio roiilro les cntr('j)risos clos voisins, la icri(lr<! forte el vaillîinle, qu'en reiionrant ;i son vrai caractère, tandis qu'en y restant fidèle, il l'aurait conduite à la servitude; et [)()ur adnn'Ure ce point de vue, il fallait (juc^le peuple de Genève reniât son histoire, les luttes courageuses dont il avait la juste fierté, riiéroïsme déployé pour assurer son indépendance, les solides vertus positives qui avaient fait sa prospérité. Rousseau ne s'en tient pas à ce premier postulat, déjà si lourd de conséquences : il marque avec vigueur qu'une fois le christianisme organisé, contradictoirement à son essence, en force politique, il s'est formé dans les Etats chrétiens un « conllit dejuridiction » entre les autorités ecclésiastiques et les autorités civiles : or, bien qu'il vise ici le catholicisme, dont il désignera expressémentlecc chef visible », son observation s'applique également ou parait s'appliquer au calvinisme genevois ; puisque, d'dnslB. Iio?n€ protestante, Vor^-dnisationde l'Etat reposait sur celle de l'Eglise; puisque cette union, du fait seul de son existence, renfermaitle germe du conllit si bien indiqué; puisque la foi, requise des citoyens, devenait avant tout une qualité civique ; puisque enfin, leproblème des rapports de l'Eglise et de l'État, le plus laborieux delà politique moderne, s'y trouvait en partie résolu au profit de l'Eglise. Loin de reculer devant ce périlleux problème, Rousseau essaye encore d'en préciser les termes. Il reconnaît qu' « il importe bien à l'Etat que chaque citoyen ait une religion qui lui fasse aimer ses devoirs », — et, si par cette concession fondamentale il commence à se montrer bon Gène-

GS 1. ArFAiiu-: .i.-.i. Rousseau

V(Ms cl bon calviiiislo, il s'emprcsso do la corriger, en ciironscrivant u riiilorôl, )) que ri^^tat peut prendre aux (/o(jnirs de cette religion dont il a besoin; selon lui, en elVet, cet intérêt se trouve déterminé par leur elTicaeité civile, c'esl-à-dire par les services qu'ils rendront à la morale et an patriotisme : « Chacun peut avoir, au surplus, telles opinions qu'il lui plaît, sans qu'il appartienne au sonverain d'en connaître; car, comme il n'a point de compétence dans l'antre monde, quel (]ue soit le sort des sujets dans la vie à venir, ce n'est pas son a (Taire, pourvu qu'ils soient bons citoyens dans celle-ci. » (^r, il n'est pas dans l(^s habitudes il'esprit du souveraiu, qu'il soit Barberousse ou Démos, (l'admet Ire si aisément qu'il u n'a poiat de compétence dans l'autre monde » : les deux royaumes sont tro[) rapprochés, dans la conception de l'Klat moderne, pour qne celui qui conduit l'un renonce de bon gré à gouverner l'autre, ou pour le moins à l'exploiter; leurs limites se confondent sur trop de poinls, pour qu'un homme de gouvernement reconnaisse qu'il n'a [)oiut à s'occuper des alTaires de rb]glise, ou pour qu'un homme d'Hglise avoue que les alVaires du Ciouvernemeut ne le regardent pas; et pour tout dire, le Ciel olTre trop de movens d'exploiter la vie terrestre et présente, pour (]ue les intéressés se privent.de sesressources infinies. Malgré les év»niements qui se sont succédé dans Tordre de la politique depuis la publication du Contraf social, celle situation n'a guère changé : la plupart des ditVérends intérieurs (jui atVaiblissent certaines nations européennes viennent de cette confusion, qui n'existe pas dans les pays nouveaux.

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