Londres, in-8% 1176, 192 p., p. 70 et suiv
2. Les miracles, dit-il, nous ex])li(]uent pourquoi « les apôtres firent autrefois tant de prosélytes au vrai Dieu et à la vertu, tandis que nos missionnaires, qui ne combattent qu'avec la raison, en font si peu » ; et il conclut que « si les miracles ont beaucoup servi à la conversion du monde payen, il valoit donc la peine d'en faire, et il vaut aujourd'hui la peine de les prouver, s'ds donnent à notre foi un degré de force qu'elle n'auroit point sans cela » (p. 78).
qui la transposait dans tous les domaines, ne peut que prêter à ce principe une force plus grande, puisqu'elle en appuie la vérité spéculative sur un prétondu fait d'expérience. Plus à son aise sur ce terrain que sur celui de la dogmatique, Rousseau s'y trouve en parfait accord avec lui-même ; plus loin, avec une clairvoyance que la marche des temps devait justifier, il prétend Tètre avec ses coreligionnaires malgré leurs désaveux; il a une confiance illimitée en ses aspirations, en ses lumières; il se sent, quoi qu'on lui objecte, dans la véritable tradition de la foi qu'il avait abjurée et reprise, à laquelle l'attachaient des liens infrangibles, qu'il confessait même en la critiquant, dont ses moindres écrits sont imprégnés. Aussi avance-t-il avec sécurité de certitude en certitude, d'affirmation en affirmation ^ jusqu'à éclater en accents lyriques pour célébrer la perfection de l'outil merveilleux, — << jiigf" infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu » — dont il se sent le possesseur et le maître '.
1. « Je n"ai qu'à me consulter sur ce que je veux faire : tout ce que je sens être bien est bien, tout ce ([ue je sens être mal est mal : le meilleur de tous les casuistes est la conscience; et ce n'est que quand on marchande avec elle qu'on a recours aux subtilités du raisonnement »... « La conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de l'homme ; elle est à l'âme ce que l'instinct est au corps; qui la suit obéit à la nature, et ne craint point de s'éijarer »...« Toute la moralité de nos actions est dans le jugement que nous en portons nous-mêmes »... <.< Les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments : quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au dedans de nous, et c'est par eux seuls que nous connoissons les convenances ou les disconvenances qui existent entre nous et les choses que nous devons rechercher ou fuir... >^ (Livre IV.)
2. « Conscience! conscience! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, intelligent