Paris, in
entic! lui et ses oiilans, en l(\s placiiiL ;iu hoimNic des ^'u/V/zj.s troiivrs, sans aucun ronstîif^'nenicnl. (|ui piU l'aider ;ï l«;s retrouver dans la suite...
« ...Quand Hocsskaii eonsiib'roil un ni()in(!nl, la socidlc (elle qu'idle est, il ti'ouvoit indisjxMisahle cette rè^d<! (h; morale : ^6' [dis point aux dulrcs, ce (jhc lu m; roiidrois jxis (jui te fût fait: il la tiouvoit même siilj/iinc : mais s'il consultoit son pcncluint, il no eoncevoit rien de plus Ikmumîux pour Tespèce humaine, (|u'uii içenre de vie (jui eût tenu les hommes assez (''cartes les uns des autres pour n'avoir hesoin (jue de cette rcii;le : Fais ton l)icn, avec le moliulre mal d' autrui*. »
\/d r(''pli([uc est cruolle. Si Ton avait la curiosilc (le la rapprocher des t(;xlcs de la Correspondance et des Confessions où Rousseau cherclie faiblement à se défendre du monstrueux abandon qui pèse sur sa mémoire, on verrait que cet acte résulta simplement de l'usage de sa liberté de jugement, de la mise en pratique de son principe. 11 écouta trop sa conscience « infaillible ». Elle se montra trop dégagée de l'opinion collective, trop pressée d'en prendre allègrement la contre-partie. Elle fut trop bon « casuiste », et trop bien écoutée^. Plus tard, il fut amené à penser qu'elle s'était trompée et l'avait trompé. Mais il se consola, en déclarant que l'erreur avait été commise de bonne foi. Pauvre argument, qui souligne un des dangers du principe. Néanmoins, Rousseau l'emploiera constamment, pour expliquer ou justifier certaines de ses actions qui déconcertent les plus zélés de ses admirateurs. 11 est si faible, qu'un contradicteur sans
i. P. c-cm, passlm. — Les mots soulignés le sont dans le texte. 2. Nous aurons à reprendre de plus près cette question dans notre chapitre sur le Sentiment des citoyens.
mérite, Samuel Formey ', l'a rétorqué en cinq ou six lignes'.
Mais nous n'avons à discuter ici ni la portée pratique des idées de Jean-Jacques, ni la valeur de ses actes. Notre objet était de dégager de ses deux ouvrages capitaux les traits qui peu vent expliquer Farrêt du 18 juin. Nous avons montré sans peine que ses idéespolitiquesétaientrévolutionnaires, puisqu'elles menaçaient l'ordre établi dans sa patrie : et les événements que nous aurons à raconter vont bientôt appuyer cette interprétation. Quant à ses idées religieuses et morales, elles dormaient, si l'on peut dire, au fond de Fâme genevoise ; elles s'y sont normalement développées, en sorte que depuis longtemps déjà elles circulent dans la ville de Calvin, et qu'elles se rapprochent d'ailleurs de celles qu'enseignait récemment le plus éminent professeur de la Faculté de théologie protestante de Paris. Nous sommes donc fondés à conclure que l'auteur du Contrat social éimi un révolutionnaire, etl'auteur à'Emile, un précurseur. Il fallut cependant la publication {['Emile pour amener la condamnation du Contrat : ce furent peut-être les idées religieuses de Jean- Jacques qui contribuèrent pour la plus large part à susciter les persécutions dont il fut victime.