Xé en 1701. — G. Borgeaiid, V Académie de Calvin, passim
Jïanovro h la coiii' de Vorsîiillcs, coiilrilmn à amciior la Médialioii dr I7!)S, joué nu rnic ini[)()rlaiitdans la dii'cM'lion (h» la (lompaiiiiic des Indes, li'iivailh' avec MnssanI à la né^ocJalion du li'ailo d(; Turin. (Test l'Iiomine dos jj;ra[nles allaircs. CV^sl (;n mémo lom|)s un lettré, (jui a rrc(|ueuté iMontescjuieu, le président llénault, Fontenolle, et même publié en lalin une dissertation (fr iHuritate MuiidoniniK
Fran(;ois Troncliin, cousin du docteur et du procureur général, moins brillant qu'eux, moins riche aussi, mais dilettante intelligent, de beaucoup de clairvoyance, grand ami de Voltaire et, à l'occasion, son homme d'allaires : « moins un type original qu'un exemplaire assez banal de toute une catégorie de ses contemporains, gens du monde frottés de philosophie, dont Thorizon était limité aux confins de la société très policée, très artificielle, dans laquelle ils se mouvaient » 2.
Jean Jallabert, Français d'origine, tour à tour professeur, pasteur, bildiothécaire, dont l'activité d'esprit abordait toutes les sciences, qui enseigna les mathématiques après la physique, puis la philosophie, fut membre correspondant de l'Académie des Sciences de Paris, membre d'autres académies étrangères, et publia de nombreux ouvrages scientifiques. Collectionneur, en plus, trouvant du loisir pour rassembler des médailles et des curiosités. En ce moment, outre ses occupations person-
i. Né (Ml 1701. — Voir S(>nol)ier, 111,11. 2S0-28:j; cUle Montet, hic- (ii)nn(iire.
1. II. Troncliin, le Conseiller François Troncliin el ses Amis, Paris, in-8", isyîj, — il était né en 1104.
iielles, il surveille rinipression des OEuvres du président de Brosses, qui se poursuit à Genève. C'est un esprit éclairé, libéral, guidé dans ses recherches par un ardent amour de la vérité, très pacifique en môme temps, craignant les troubles et cherchant volontiers aies prévenir ou à les apaiser^.
Jean-Louis Dupan, conseiller déchargé, que nous connaissons déjà par sa correspondance avec les époux de Freudenreich, et dont les lettres nous livrent des détails piquants sur les polémiques qui allaient bientôt commencer.
Les autres membres du PetitConseil appartenaient tous à ces familles qui depuis plusieurs générations détenaient le pouvoir et se partageaient les fonctions publiques. C'étaient des Turrettini, des Pictet, des Fatio, des De La Rive, des Chapeaurouge, des Sartoris, etc. A défaut de mérites éclatants qui assurent la survivance des noms, ils possédaient des traditions de gouvernement et l'habitude ancestrale du pouvoir. Nés dans une situation privilégiée, ils avaient la volonté de la conserver à leurs descendants, avec une idée plus forte que juste de leurs droits. Confiants en leurs vertus politiques, ils croyaient sincèrement que l'avenir et le salut de la patrie dépendaient du maintien d'institutions dont ils profitaient autant qu'elle : ils confondaient de bonne foi les intérêts de leur caste et ceux de la république, à laquelle ils se croyaient indipensables, parce qu'ils lui étaient dévoués.
\. Seiiel)iei', ///,s7. ////., III, p. 12()-lo3; — do Monlol. Dictioniuiire : — G. Boi'geaud, V Académie de Calvin, p. .'UîS cl siiiv. — J.illaliert était né en 1712.
r.A CONDAMNATION 9:î
Aussilol ([lie le IN'lil (îotiscil fiil Jivcr'li de l;i piihliciilion (In ('onh-al social v\. iVilnn/c^ il (h'cJdii, dans sa sranccdii I 1 juin, {\v. l(!S r<ni"e saisii* (dicz les librairc^scl oxamincr par los scliol;ii'(jn('s '. Celle saisie lui opérée chez les lihi'aires Pliilibei't, iJardin ot Gosse, par randileiir iMédéric-GuiliaunK; Ijonel, (lui mil la main sur (lunranle-liuit exemplaires des deux ouvraj^es. Hardin n'avail pas encore re(;u ses exemplaires (.VEniifr : sommé d'informer qui de droil de leur arrivée, il obéit poncluellement ; on ne lui en enleva pas moins son ballot, sans vonloir d'abord l'indemniser - : acte d'arbitraire, dont les adversaires du Conseil devaient plus tard tirer parti. Le 18, sur le rapport de Lnllin de Chateauvieux, le Conseil décide qu'il sera délibéré dès le lendemain (( sur ce qu'il y a à faire par rapport aux dits ouvrages et par rappoit à rauteur"^ ». M. Emmène Ritter a retrouvé de curieuses notes, malheureusement trop sommaires, qui furent prises sur cette séance et la suivante par un des conseillers ''. Ces notes témoignent d'un singulier trouble. Les deux livres incriminés paraissent remplis de (( principes destructifs de tout f/oiivernement et de toute religion révélée.. . anar chiques. . . particulièrement dmif/ereiix jwnr le fjonverncuient de la répu-
1. Documenls officiels el conlempovains sur quelquea-unes des condainnations dont «l'Emile » el « le Contrat social» ont été l'objet en IIG^, recueillis \)i\Y Marc Viridel, chancelier du canton de Genève, in-8", Genève, 1850, "Î2 pages.
2. Tableau historigiie el politique des révolutions de Genève, p. 179, note. — Cf. Viridet, p. 12.