‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 57 sur 200 · Viridet, p · texte numérisé non relu

Viridet, p

4. E. Ritter, le Conseil de Genève juqeanl les œuvres de Rousseau. in-18, Genève, 15 pages.

hlique ». On déplore que de tels principes paraissent « sous le nom d'une personne qui se qualifiait de citoyen de Genève ». On veut <( en députer », ou pour le moins « en parler au résident », et faire arrêter la vente des livres à Goppct et à Nyon, où ils se débitent. On donne Tordre àSellon^, qui représente la république auprès de la cour de France, de déclarer, s'il entend parler du Contrat social, qu'on le désapprouve « à tous égards ». Tout cela pôle-mCde, comme il arrive dans une discussion mouvementée, à bâtons rompus. — Les conclusions 1 que lut le procureur général, Jean-Robert Tronchin, | vinrent mettre un peu d'ordre dans ce désarroi '. Jean-Robert Tronchin'^ est une grande figure, — et l'une des plus oubliées de cette période, Tune de celles qu'il est le plus difficile de connaître et d'évoquer, en raison de cet injuste oubli. On vantait alors sa profonde science du droit, on admirait ses rapports, on le comparait couramment à Montesquieu. Ses adversaires eux-mêmes lui ont rendu justice : Rousseau l'a combattu à armes courtoises, et traité avec égards. D'Yvernois estime que, sur un

1. Jean-François Sellon (1707-1790), fnl ministre, puis chargé d'affaires de la République de Genève auprès de la Cour de France de 1749 à 1764. Son fils fut créé comte du Saint-Empire Romain par Joseph 11, en 1786. Sa petite-fille lut la mère de Cavour. (Communication de M. E. Ritter).

2. D'après les extraits des registres du Conseil, ces conclusions furent présentées dans la séance du 19. D'après les « notes », elles auraient été lues dans la séance du 18, avant le rapport des Scholarques. La sentence contre les livres aurait été rendue ce jour-là et complétée le lendemain par celle contre l'auteur.

3. Né en 1870. — Voir Codet, ///>s7. ////. de la Suisse française, p. 2o6-257 ; V. Rossel, Hist. litt. de la Suisse i-omande, 11, p. 184-186. et le portrait publié dans l'édition illustrée du même ouvrage n-4°, Neuchàtel, 1903, p. 386.

pins viist(! llir^îilrc, « il ;uir;iil pu (liWeloppor son ^'(•nio (lo la inani('M'<^ In, pins îivanta^cnsc j)oni' riinnumito », d l(^ companî « k ces liqnc.nrs spiriliKMises (jni, inaiHjnant d'ossor, rompant h; vase» on ('lies sont (nilV'rni(''(»s ' ». Do l'ail, ilyîi, dans tont ce qni est sorti de sa plnnu», comme dans ses poi-- Iraits-, je ne sais quoi de r^,serv(; et d'(>xceptionnellemenl distingué, de liantain, de sévèn^ à la fois et d'élégant, qni annonce une hante supériorité. Ses papiers étant égarés, il est dil'licile d'analyser son caractère avec sûreté. Cependant, parmi les rares lettres de lui qui se trouvent dans les archives de Bessinges, il en est une qui permet de le classer parmi les esprits élevés, lihéraux et sains. Elle fut adressée à Jacol) Vernet, à propos de sa querelle avec Voltaire dans lequelle un autre Tronchin était intervenu comme médiateur. L'ohjet en était le supplice de Servet, dont Voltaire avait traité dans V Essai sur r/iistoire universelle. Vernet, sans défendre complètement le réformateur, accusait le philosophe de quelque supercherie dans sa manière de rapporter les faits '\ Jean-Rohcrt Tronchin prend nettement parti contre le fanatisme, et avec une ardeur, une éloquence qui montrent à quel point il était passionné de tolérance dans les actes puhlics et de loyauté dans la pensée.

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