septembre
persévérer. Longtemps pins tard, à la veille de la prise d'armes qui devait amener une nouvelle médiation, il écrit encore, avec le môme courage cl la même sincérité : « Nous iTavons ni n'aurons jamais l'intention d'être des tirons..., nous désirons seulement n'être point /irannisrs, avec un gouvernement et une vie tran(juille^ »
Au commencement de cette année 1762, où nous sommes, le procureur général venait justement de prononcer un Discours sur l'esprit de parti-, dont il ne prévoyait certes pas la prochaine et saisissante actualité. Il y félicitait Genève de l'heureux renouvellement de son gouvernement, de la paix dont elle jouissait. La tranquillité lui semhlait« le hut de tous les gouvernemens» ^ ; mais il reconnaissait que, dans une nation libre, elle ne peut être que passagère : « Les peuples soumis au pouvoir illimité languissent dans l'accablement; la liberté se tourmente et se dévore elle-même'*. » Il y a nécessairement des partis dans une république : aussi longtemps que leur équilibre se maintient, ils ne constituent point un danger pour l'Etat. Mais l'opposition fatale des nobles et du peuple, des riches et des pauvres, menace constamment de rompre cet équilibre, et le désordre peut résulter ou des excès des aspirations populaires, ou de ceux de l'autorité. Car u il y a