cote 173. — A. Saladiu do Crans, 21 juillc
2. Deux discours sur Vespril de parti, prononcés par M, 'J'ronchin. procureur général, dans l'assemblée du Conseil des Deux- Cents de la république de Genève. A Neuchâtel, 17G4. in-12. Biblioq. Rivoire, loo. Biblioth. de Genève, Cf. 436, vol. II.
une autorité imprudente^ qui se fait sentir lorsqu'il faudroit se faire oublier; qui indispose par ses inquiétudes, qui choque par ses partialités. Il y a une autorité, si j'ose dire, déréglée^ qui entreprend plus qu'elle ne peut exécuter, qui appelle à son tribunal des actions qui parleur nature n'en sauroient ressortir, et qui, voulant prévenir ou corriger de légers abus par de grands coups de force, avertit de se précautionner contre elles ^)). Naturellement, Torateur ne suppose pas que le Gouvernement puisse être exposé à de pareils dangers; il conclut que le meilleur rempart qu'il y ait contre l'esprit de parti se trouve dans la sagesse même des pouvoirs publics, et salue les jours de concorde oiiFon n'a pas à souflrir de ce fléau. — Ce premier « discours » est un beau morceau d'éloquence politique, d'une grande fermeté de pensée, d'une rigoureuse précision de langage, tout à fait digne d'un esprit libéral, mesuré, clairvoyant et généreux.
Ces traits se retrouvent dans les fameuses Conclusians'-^ qui sont une œuvre de sérénité, sans trace de fanatisme. Tronchin admire en lettré « ces deux livres qui étincellent d'audace et de génie »; mais il voit un danger public dans la propagation de certains de leurs principes, et plus encore, peut-être, dans le mélange qu'il y reconnaît ' des vérités sublimes et des erreurs pernicieuses >>. Dans le Contrat social^ il signale surtout, comme un périlleux paradoxe, la tendance de l'auteur à prendre les magistrats, appelés à diriger l'Etat,