Corresp., GCCLVIII
LA CONDAMNATION lOO
sur SCS laloiis les [)as de l;i iiiaiMH'liaussiie'. Il coniie au nuuM'clial In sonci (ju'il a de savoir si Thcrcsc va le rcjoindro ou rabandomior-. Kt c'est (juaud il comnioni'c à so remeltro de sou Irouhlc qu'il apprend l'arnH du l*elit Consoil, par un billc^t traf^ique et grandiloquent de Moultou ^ La ehoso lui parait « îi peine croyable' », répond-il aussitôt : ce qui prouve bien qu'il ne la prévoyait pas. Et ce nouveau coup lui rend son énergie. Depuis Tarrôt du Parlement jusqu'à ce jour, nous avions devant nous un malheureux, valétudinaire, aiïaibli, craintif, terrifié de sentir la main de la Justice tendue vers lui. Maintenant, c'est l'innocent qui se révolte, c'est le penseur conscient de son droit et de sa force, qui se redresse ; cet homme, à tant d'autres égards inférieurà sa destinée, se montrera désormais, saufquelquesdéfaillances, un héros dans la défense de sa pensée, de son œuvre, de sa cause. On ne peut accorder qu'une confiance relative à ses lettres, trop évidemment adressées à la postérité. Mais quand elles sont des actes, quand elles engagent sa conduite, il faut bien qu'elles soient sincères; et elles jaillissent d'une àme dont la trempe a changé tout à coup^.