Mss. de Neucliàtel
répondit que ce n'était pas vrai pour ses conclusions, mais qu'il n'avait pas encore lu la sentence ; et cette singulière réponse montre bien qu'en ce moment déjà, le futur auteur des Lettres écrites de la campagne ne partageait point l'erreur de ceux dont il allait devenir le meilleur avocat. Cependant Binet, tenace, s'en fut chez le premier syndic, Pierre Fabri K « Ce vénérable magistrat, poursuit-il dans sa lettre, me fit la grâce de me dire que la sentence étoit modifiée, que le M. C. avoit arrêté que si vous veniés à Genève, vous seriez conduit à MM. les syndics pour répondre aux questions qui vous seroient faites. — Monsieur^ pris-je la liberté de lui répondre, je suis satisfait de cette moditication, parce que je crois que le M. C. a le droit de juger du bon ou du mauvais effet que peut produire dans notre société des livres de toute espèce, qu'il peut donc les supprimer, que son autorité va jusqu'à pouvoir demander ceux quïls en soupçonnent les auteurs, pour qu'en supposant qu'ils avouent l'être, ils leurs détendent de répandre leurs dogmes et leurs principes, lorsqu'ils les jugent contraires à la doctrine reçue de l'Etat ; mais qu'il n'a aucun droit d'emprisonner là oii la loi a parlé [Edit. Ecc.y p. 30, §88), ni dans tout autre cas, sans avoir examiné et interrogé l'accusé, ou, dans le cas d'absence, le décréter sans l'avoir sommé juridiquement, suivant les formes reçues, à comparaître à jour nommé. M. le syndic n'en disconvint point ». Ainsi, à peine l'arrêt prononcé, ceux mêmes