Viridet, p
qu'il trouva que cet horloger se contentait de peu : (( Un M. B..., qui m'a envoyé toute sa procédure, écrit-il à Moultou^ prétend que je n'ai point reçu d'alfront, et que le Conseil avoit droit de flétrir mon livre, sans commencer par citer l'auteur. Il me dit, au sujet de mon livre brûlé par le bourreau, que l'homme ne soulfre point du fait d'un tiers^ ce qui signifie (au moins si ce mot de tiers veut dire ici quelque chose) qu'un homme qui reçoit un soufflet d'un aulre ne doit point se tenir pour insulté. » Et Moultou de trouver aussitôt que B... (( est un homme dont il faut se méfier^ »!
En môme temps à peu près que l'horloger des Quatre-Gantons, un autre citoyen, plus avisé, plus influent, très populaire et qui avait jusqu'à un certain point l'oreille du Conseil, risquait une démarche du même genre, mais prudemment, sans lui donner aucun caractère oFliciel. C'était Isaac-Ami Marcel. Etant en relations amicales avec François Tronchin, il lui adressa une lettre assez pressante 2. Il s'y montre inquiet du jugement rendu contre un homme qu'il estime; il craint «qu'un premier pas fait, n'en occasionne un second et qu'on ne se dispose à chatouiller les oreilles de nos alliés à son préjudice » : c'est-à-dire qu'on ne pousse Leurs Excellences de Berne à sévir à leur tour contre