‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 7 sur 200 · Le 24 novembre 1758. — lUtter, loc. cil., p. 196 et suiv · texte numérisé non relu

Le 24 novembre 1758. — lUtter, loc. cil., p. 196 et suiv

2. Correspondance, éd. Hachette, CLXXVIII (18 sept. 18o8\ — Cf. Rilter, loc. cit., p. 199 et suiv.

3. Corresp., éd. Ilachelte, CCXLV. <x G"est une espèce de fade el plat roman dont je suis l'éditeur, et dont quiconque en aura le courage pourra nie croire fauteur s'il veut. ^>

HOL'SSKAl KT F.ES (iÉMOVOlS 0

VoUaii'c, le l(S avril 175G, h roccasion (his deux poèmes de la Loi nalurclle et du Desastre de Lisbonne^ (jiie Formey vient de publier sans Tassenliment du destinataire, lequel lavait précédemment refusé, ni de rantenr,à (jui pc^rsonne ne songeait à le demander. C'est un beau morceau, à forte odeur de fagot, Tun des plus réfléchis, mesurés, précis, qui soient sortis de la plume de Rousseau. Il défend le christianisme, mais avec une indépendance dont un théologien ne pouvait manquer de s'inquiéter : au lieu de trouver l'origine du mal moral dans le dogme du péché originel, il l'attribue à <( rhomme libre, perfectionné, partant corrompu )>, — et l'on reconnaît là sa pensée dominante ; il remonte à des causes naturelles pour expliquer des faits que la théologie attribuait pins volontiers à l'intervention divine, — et c'est comme la première esquisse de sa criti(|ue des miracles; il traite durement les prêtres et les dévots, qu'il accuse déjà d'avoir « gâté la cause de Dieu », — et l'on sait si ce thème lui deviendra familier; enfin, il est encore rempli d'égards pour Voltaire : « celui de mes contemporains, dit-il, dont j'honore le plus les talents, et dont les écrits parlent le mieux à mon cœur ». Autant d'opinions — la dernière surtout — sur lesquelles Vernet devait faire ses réserves : il y met beaucoup de modération, insinue que quelques retouches réjouiraient « les amis », qui u le désirent pour le bien public », et ne demanderaient qu'à publiera Genève cette édition retouchée. <( Si

i. Corresp.y id.^ CXXIII. — Voir CCXXVllI. sur la publication fkcette pièce 'm Voltaire 17 juin 1760

VOUS goûtez cette proposition, conclut-il, je crois que nous serions bientôt d'accord sur les changements à y faire'. » On ne sait comment Rousseau accueillit cette proposition. Il aimait à penser pour son compte, écoutait peu les conseils, n'entendait point introduire dans ses écrits les corrections du tiers et du quart :1a correspondance s'interrompit de nouveau. Elle ne devait reprendre qu'après les événements qui allaient modifier la position de beaucoup de Genevois envers leur compalriote : il n'en reste pas moins établi que Vernet, jusqu'à Ja Nouvelle Héloïse, considéra Rousseau comme une sorte d'allié, et lui marqua les plus grands ésrards.

Jacob Vernes, plus jeune que Vernet, traitait Rousseau plus familièrement, en ami -.

Il était alors au mieux avec Voltaire, qui lui donnait le sobriquet amical de « petit prêtre ». Lettré, mondain, spirituel, il avait la répartie facile, et tournait h l'occasion des vers galants, comme un abbé de cour. Il avait derrière lui les vingt- (|uatre volumes de son Choix littéraire, auquel il devait plus tard ajouter des ouvrages plus personnels. Son portrait nous montre une figure fine, intelligente, éclairée par de grands yeux pensifs, attachante, sympathique. On n'échappait guère

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