Ritter, loc. ci/., p
2. Né ea 1728. — V. Senebier, Hisloire littcraîre de Genève. III. 11.06-08.— A. Sayous, ie XVIII'' siècle dl'étranger, L p. 314 et siiiv. — Desnoiresterres Voltaire et Génère, p. 146 et siiiv. — Ph. Goilot, Histoire littéraire, p. 237-239 — V. Rossel, Histoire littéraire. t. II. p. 133-136. etc.
ROrSSEAU ET LES GENEVOIS 11
au charmo (!(» sa conversation ; ses coIlùg"ucs le tenaient en estime parlicnlière^
Jacob Vernes avait été mis en relations avec Rousseau dès 1753, par leur ami commun Gaulfecourt : un ancien horloger, qui avait été secrétaire du Résident de France à Genève, et à qui l'on avait attribué la fourniture du sel en Valais, un homme aimable qui recherchait la compagnie des ii:ens du monde et des gens d'esprit, et leur plaisait. Ces relations devinrent tout de suite des plus amicales : Rousseau crut trouver en ce jeune homme, qui lui marquait beaucoup d'affection, Tami qu'appela toujours son besoin de tendresse. Il le lui dit dans ses lettres, avec un complet abandon, une confiance touchante -. Esprit moins ferme que Vernet, plus jeune et d'une génération
1. Son portrait se trouve ù la Bibliothèque de Genève. — Dans la séance du Consistoire où l'on annonce sa mort, l'éloge traditionnel se nuance de sympathie, pres([ue d'émotion. L'on peut lire dans le Regiatre^ après l;i consignation de la fâcheuse nouvelle :
« ... Un homme de lettres distingué, un citoyen zélé, un grand prédicateur, un pasteur éclairé et vigilant, un ami d'une excellence rare, un homme qui a fait beaucoup d'honneur à la patrie et à l'Eglise... Ses ouvrages de religion respirent un zèle qu'il déployait au besoin dans la conversation, et qui était tempéré par cette douceur, ce support, cette franchise qui le rendaient les délices de la société, de ses amis, de sa famille, dont il était chéri autant qu'il les chérissait lui-même... » (Communication de jNI. E. Ritter.)
2. « ... Aimons-nous bien tous les deux, lui écrit-il le 13 octobre 1754, et hâtons-nous d'en venir au point de n'avoir plus besoin de nous le dire... » {Corresp., éd. Hachette, LXXXllI ) — Et plus tard, le 17 mars 1738, en réponse à une offre de prêt pécuniaire : « Oui, mon cher Vernes, j'aime à croire que nous sommes tous deux bien aimés l'un de l'autre, et dignes de l'être. A'oilà ce qui fait plus au soulagement de mes peines que tous les trésors (lu monde. Ah! mon ami! mon concitoyen! sache m'aimer, et laisse-là tes inutiles otlres: en me donnant ton cœur, ne m'as-tu pas enrichi ? >^ (/(/.. GLXXXII.)