‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 72 sur 200 · Le 6 juillet. Corresp., CGGLXIX · texte numérisé non relu

Le 6 juillet. Corresp., CGGLXIX

2. On ne trouve, dans le Ratsmanual de la ville de Berne, aucune trace d'aucune pression tentée par le Gouvernement genevois pour obtenir des mesures contre Rousseau. Le l" juillet, le bailli d'Yverdon est invité à éloigner Rousseau dans im court délai, et à Tinformer comme il voudra de cette décision (« ... ni Zeit von pnar Tagen... Wie dann Ihr Gn{aden) Will ihme filvdevzamst zu eroffnen and das selhlgens on Genilcfen geskehe zu Veranstalteîi, Er beslens wiazen icerde ». — Haismanual, n° 261, p. lo9';. — Le 8 juillet, le Conseil scolaire {Schulrat) conclut à l'interdiction de vendre Emile, sous peine d'une amende de 20 à oO tlialers, et reçoit la commission d'examiner le Contrat social {Id., 261/233'). Le même jour, il est enjoint au bailli d'Yverdon. qui avait demandé un répit en raison de la mauvaise santé de Rousseau, d'exécuter les ordres reçus, dans un délai de huit à quatorze jours au plus. Le 10, la sentence d'interdiction est rendue contre Emile. Le 12. une lettre du bailli dYvordon informe Leurs Excellences du départ de Jean-Jacques [Id., 261 275'i. — Communications de M. le D' IL Tiuier, archiviste d'Ltat à Rerne.

lin incidoiit nouveiui ranimait los discussions ralcnlios, cl provoquait le Polit Conseil à de nouvelles illéi2:alil('s.

Cet incident fut une simple lettre privée, d'abord anonyme et circulant sous le manteau, puis avouée par son aiileur. 11 ne l'avait point destinée à la publicité ni à la propagande, et n'en prévoyait certainement pas les conséquences. C'était un ancien commandant d'un régiment suisse à la solde des Etals généraux de Hollande, nommé Charles Pictet '. Rentré dans sa patrie après trente-cinq ans de services, il cultivait paisiblement son domaine de Cartigny. Il avait été bon soldat, il était bon laboureur. Quoique membre des Deux-Cents, il ne jouait pas un rôle actif dans la politique. Il devait être un Genevois de vieille roche, « d'une humeur cassante et d'uncaractère difficile - », — un de ceux qu'on définit, dans la langue du pays, par l'adjectif local avenaire\ — qui se plaisait à donner en grognant son avis sur les aiïairesdu jour. Sa lettre était adressée au libraire Duvillard. Si nous en croyons un récit postérieur'', le destinataire l'aurait imprudemment laissée « ouverte sur son bureau, pour vaquer à une affaire plus pressante ». Survient par

1. Voir Ed. Pictet, Biographie, Travaux et Correspondances diplomatiques de Pictet de Rochemont, in-8, Genève, 1892, p. 2-3.

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