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3. Le Faux Vatiiotisme de Jacques-François Dp Luc, dévoilé aux yeux des citoyens trompés par ses paraloç/ismes, 1772, — Bibliog. Hivoire, n" 1283.
hasard Jacques-François De Luc, le vieil agitateur, qui l'aperçoit, la lit, la juge de bonne prise, s'en empare et la fait circuler. — Ce récit n'a aucun caractère de certitude : pourtant, la vraisemblance en est corroborée par le fait que De Luc faillit être impliqué dans la poursuite contre Pictetet DuvillardL Ainsi, le colonel Pictet devenait, sans dessein préconçu, l'initiateur d'un mouvement considérable, que De Luc allait diriger, régler, exploiter. Vraie ou fausse, l'anecdote caractérise assez bien les deux espèces d'hommes, souvent séparés ou ennemis, dont les efforts seraient réunis pour quelque temps. Chaque fois que surgit dans la vie publique un de ces incidents qui auront de lointaines conséquences ou exerceront une action puissante sur le développement d'un peuple, on voit ainsi deux sortes de gens, incompatibles dans la paix, s'allier pour la bataille. Les uns sont des idéalistes ou des idéologues, des hommes à principes, des « doctrinaires », comme on les a nommés pendant un temps, — en tout cas de fort honnêtes gens, — qui demandent aux institutions et aux conseils une perfection irréalisable. Epris d'un idéal élevé de justice, ils cherchent à en rapprocher le groupe social auquel ils appartiennent. Fervents des vastes abstractions, ils prêtent volontiers aux faits un sens que ces faits n'ont en vérité que pour eux seuls. La belle formule du Pcreat imouliis, avec sa noblesse un peu illusoire, est toujours dans leur cœur et sur leur bouche. Charles Pictet fut l'un d'entre eux. — Les
4, Exlmit (les registres du Conseil du 10 juillet, pub. par \ iridcl, Documents officiels^ etc., p. 31.
ailircs, pratiques, niédiocnîs, ulililaires, Horil des hommes de parti. Ils ont l(^s drdaiits (jik^ comporte cette profession, les aptitudes qu'elle exi^j^e. Leur esprit borné ne saisitjamais qu'uneôlédesqueslions; leur volonté p(^rsév('rante les conduit au but; leurs (l'iilères naturelles les préservent de tout écart. Leur adresse n'exclut pas la sincérité, qui d'autre part ne les encombre pas de scrupules: quelle que soit lasolidilé estimable de leurs opinions, l'intrigue sera l'un de leurs outils, — souvent le plus el'ficace. Dans l'objet qui pour les premiers est un motif d'indignations, de colères ou d'enthousiasmes désintéressés, ils distinguent une machine de guerre, un engin dont ils feront profiter leurs « idées », — c'està-dire l'intérêt de leur parti, et le leur propre : car la soudure est incassable. Leurs lèvres prononcent les mômes formules: le sens en est changé; s'ils sont prêts aussi à sacrifier le monde à l'avènement de la Justice, c'est à la condition qu'eux et leurs amis seront seuls charges de la rendre, quitte à la traiter alors, sans seulement s'en apercevoir, avec le sans-gène qu'elle a l'habitude de subir. Jacques- François De Luc fut un des plus honnêtes et des plus bornés de l'espèce.
La lettre dont il s'empara avec tant d'adresse', commençait par une critique assez vive du Contrai social^ comme si l'auteur tenait à bien marquer qu'il n'adoptait pas les opinions du condamné dont il allait s'instituer le défenseur. Il trouvait le livre obscur en certaines parties, en blâmait la critique