Registres de Conseil, 3 janvier
dans tous ses droits à Genève ^.. » La proposition arrivait un peu tard : Voltaire savait bien qu'elle n'avait aucune chance d'être acceptée. De plus, dans la phrase que j'ai soulignée, il oublie le Sentiment des citoijens^ les lettres injurieuses dont la correspondance est émaillée, les propos qui encouragaient les ennemis de Rousseau à le traiter sans ménagement ni crainte'^, et même qu'il lui arriva de les exciter très clairement à la sévérité. Nous pouvons lire, en effet, dans une de ses lettres au conseiller François Tronchin : « Tenez pour certain que M. le duc de P(raslin) méprise Jean-Jacques comme il le doit. Que le Conseil soit fernie^ et tout ira hien'^. » Gela est-il assez clair? Voici, dans une autre lettre au môme conseiller, au même confident, qui l'est plus encore :
« ...Onparaissait soupçonner queM"*^laduchesse deLuxembourg protégerait le misérable dontil s'agit et pourraitmême procurer une médiation favorable aux brouillons. Je répondis et je réponds encore, sur ma tête, qu'il n'en sera rien. Vous êtes bien persuadé que le Conseil peut déployer toute sa fermeté et toute sa justice sans avoir à craindre de jamais perdre la moindre des prérogatives que la médiation lui