‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 81 sur 200 · M"" de Bondeli à M"« Gurchod, du 5 octobre · texte numérisé non relu

M"" de Bondeli à M"« Gurchod, du 5 octobre

« ... M. Meister a quitté Genève, dégoûté des Genevois, enthousiasmé d'Abauzit et surtout de M. Moultou. Un ecclésiastique quil ne m'a pas nommé a achevé de l'indisposer contre cette Sainte Gité. 11 faisait avec lui la comparaison de Voltaire et de Rousseau et de celle des procédés qu'on a avec l'un et avec l'autre ; l'homme de Dieu convint du fait et ajouta, pour la gloire du Seigneur et l'avancement de son règne : Mah Voltaire est bien avec le duc de Choiseul, et on n'a aucune raison de ménager un pied plat sans crédit et sans influence. » 'Archives du château de Goppet.)

3. 12 janvier 1765. — Publié par M. H. Tronchin. le Conseiller François Tronchin et ses Amis^ p. 182."

f.A CONDAMNATION HT

assiiro. (-esont les brouillons qui doivcul craiiidif! de pcrdro leurs privilèges j)our peu (|u'ils en abusent. On alleiul que le Conseil (Kjissc contre le lirrc scdi lieux de la Monta t/uc comme on (Kjit contre u)i perturbateur du repos public. L'auteur est tel et doit iHrc déclare tel.

H Voilà ce ({u'on dit, car pour moi je ne dis mot, je ne suis pas de la paroisse '. »

La restriction finale ne fait qu'ajouter une noie hypocrite à la cruauté de l'avis : on jugera maintenant si Vollaire pouvait affirmer, une année plus tard, n'avoir jamais rien écrit contre Rousseau; si son rôle, dans l'airaire, fut aussi neutre et réservé qu'il le prétendit; s'il était sincère en offrant une de ses maisons à l'adversaire qu'on traitait d'autre part, selon son désir, « en perturbateur du repos public » ; et pour tout dire, s'il ne méritait pas quelque peu ce surnom <ï Inquisiteur que lui donnaient Rousseau et ses amis.

Ces misérables sentiments, ces rancunes, ces bassesses ne se manifestèrent que plus tard : au momoment oh nous sommes, le colonel Pictet se trompe en accusant Voltaire, comme sur les deux autres motifs auxquels il attribue la condamnation. Elle n'avait pas des « dessous » si compliqués : les magistrats du Petit Conseil, — M. Maugras l'a bien vu, — conservateurs rigoureux, hostiles à des doctrines politiques qui risquaient de rouvrir les questions ajournées plutôt que résolues par la médiation, soucieux de réfréner les aspirations démocratiques de la Bourgeoisie, frappèrent ces deux livres en par-

\. 22 janvier 1765, id., p. 183-18i.

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