‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 83 sur 200 · Pub. par Viridet, p · texte numérisé non relu

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liition, et de constituer le Tribunal. L'affaire se corse. Dans le public, les avis se partagent, et Ton prend position. Marcet adresse, probablement à l'un des conseillers qui vont fonctionner comme juges, une lettre dont il transmet la copie à Rousseau ^ 11 y relève rillégalité d'un arrêt porté à Genève contre un livre publié à l'étranger-. Il marque ensuite que l'intervention du colonel Pictet est la conséquence nécessaire de cette illégalité, puisqu'il est dans l'intérêt de « tout citoyen sage, qui a le souci de sa propre sûreté, de s'opposer aux abus d'une semblable jurisprudence » ; il prête ainsi une portée générale à un incident dont le génie même de Rousseau garantissait le caractère d'exception ; et c'est bien là l'art des agitateurs qui, dans la masse des abus dont les gouvernements, même les meilleurs, sont coutumiers, excellent à choisir ceux qui sont susceptibles de frapper l'imagination. — Rousseau ne semble pas comprendre encore le sens de sa propre affaire, l'ampleur que les événements vont donner à son rôle. Au lieu d'abonder dans le sens de Marcet, il répond en diminuant sa cause par des arguties*^: il aurait voulu qu'avant de le condamner, on s'assurât

1. Elle est datée du 16 juillet (Mss. de Neuchàtel) et publiée dans les Premiers Défenseurs genevois de Rousseau {Etrennes genevoises d'Am. Uoget, 1879.

2. Car alors, dit-il, «un citoyen deGenève serait pins malheureux qu'aucun sujet d'un autre Etat, il se verrait condamné dans le dehors et tout de suite dans sa patrie sans être entendu. Sa patrie, qui devrait lui servir d'asile et le protéger, pour le mettre en état de se défendre contre les imputations à lui faites, ou de se rétracter s'il s'agit d'opinions particulières, deviendrait donc pour lui un lieu inaccessible ! »

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