‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 89 sur 200 · novembre, Recueil Aderl · texte numérisé non relu

novembre, Recueil Aderl

LA CONDAMNATION iSf

pouvait rentrer à (leiiève », plusieurs citoyens

— parmi lesquels AI)raliani-Gédéon Binet — dernandèrentaussitôt au Conseil de les autorisera reclilier cette information : Jean-Jacques n'était point baruii ; Jean-Jacques pouvait très bien rentrer à Genève,

— au risque d'être arrêté, c'est vrai ; mais il y a tout de même une nuance.

Faut-il qualifier d'habile la réserve de Rousseau, sa résolution, fermement tenue, d'agir sans hâte, en comptant sur l'appui des circonstances? En tout cas, le zèle de ses partisans s'échaulTait. Us brûlaient de faire quelque chose, et ne savaient quoi. Ils s'exaltaient dans la recherche de leurs moyens d'action, et dans l'attente. Un des plus solides de leurs adversaires, le syndic Jean Cramer, nous a laissé le récit d'une curieuse conversation qu'il eut avec De Luc, le mercredi 2 février 1763 ^ Elle ne dura pas moins de deux heures et demie, et fut prudente, mesurée, lente, circonspecte. On se représente très bien ces deux hommes, lourds, plutôt solennels, qui s'observent avec méfiance, pareils à deux lutteurs d'égale force. De Luc débute par des compliments, que Jean Cramer écoute sans se dérider; après ce préambule de politesse, il attaque la question Rousseau : il lit deux lettres du pasteur de Motiers, certifiant que Rousseau se présente à la communion, la copie d'une de ses propres lettres à Jean-Jacques, la réponse qu'il y a reçue, non sans interrompre sa lecture par toutes sortes de réflexions, que l'autre écoute sans broncher; enfin,

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