‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 98 sur 200 · Ici., GCGCLVIII · texte numérisé non relu

Ici., GCGCLVIII

3. 1748-1.S22. Ses écrits « roiisseauistes » onl (''lé recueillis par .Musset-Patiiay, dans lo deuxième volume des OEuvres inédites df^ J.-J. Rousseau, .3 vol. in-8°, Paris, 1825. L'article dont il s'a^^it ici est intitulé Queslion de droit politique (lll, p. 227-268). 11 faut noter que Rousseau ne semble pas avoir aperçu la question que soulève Eymar. 11 avait écrit, en effet, dans le Contrat social, 111, 18: «Je suppose ici ce que je crois avoir démontré, savoir, (|u il

PutTendorf, Barbeyrac, ne reconnaissent point à un particulier le droit de changer de patrie sans permission; que certains, comme Locke, tiennent la chose pour tout à fait impossible. Examinant ensuite les raisons invoquées par Rousseau^, il démontre sans peine qu'elles reposent sur une confusion de la Patrie avec le Gouvernement , et sur une idée erronée de la nature ou de la qualité des engagements réciproques qui lient le citoyen et l'Etat. De notre point de vue actuel, une telle discussion paraît oiseuse : il est évident, en eiïet, qu'avec l'organisation si minutieuse de notre état civil, elle ne se pose pas, puisque aucun citoyen n'a [8L possibilité de renoncer à sa patrie, à moins que ce ne soit pour en adopter une autre, qui l'accueille : car autrement, il deviendrait un heimatlose ^ et c'est une position de plus en plus intenable.

Le cas de Rousseau était d'autant plus difficile, que, selon toute apparence, aucun des Etats qui consentaient à lui donner asile ne l'eût accepté pour ressortissant. Le Petit Conseil aurait donc pu traiter simplement son éloquente lettre comme une boutade sans conséquence : ce qui l'eût mis dans une posture un peu ridicule. Au lieu de cela, il en prit acte. Peut-être ses membres ne virent-ils dans cette dé-

ny a dans l'Etat aucune loi fondamentale qui ne se puisse révoquer, non pas même le pacte social ; car si tous les citoyens s'assemblaient pour rompre ce pacte d'un commun ai^cord, on ne peut douter (ju'il ne fût très légitimement rompu. Grotius pense mùme que chacun peut renoncer à l'Etat dont il est membre et reprendre sa liberté naturelle et ses biens, en sortant du pays. Or, il serait absurde que tous les citoyens réunis ne pussent pas ce que peut séparément chacun d'eux. »

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