‹ L'affaire marocaineChapitre 13 sur 26 · Review of the World^s Commerce, 1900, p · texte numérisé non relu

Review of the World^s Commerce, 1900, p

2. Diplomatie and Consular ReportSy Annual Séries, n° 2245 Increased interest is now being taken in ail mining questions in Spain, as it is being recognised at last tbat, if properly developed, the minerai wealtb of the country can be turned to enormous advantage. The nuraber of soldiers who hâve returned from foreign service and the reduced number of men now required for the army will ensure an increased nùmber of labourers.

218 L'AFFAIRE BfAROCAINE

daîo, — ^ ce que durant Tantiquité et le moyen âge tout le inonde savait, mais ce que depuis la Renaissance, depuis la découverte des Amériques, tout le monde et TEspagne elle-même avaient oublié, — qu'elle pouvait être, qu'elle était la terre la plus riche, la mieux pourvue d'avantages naturels : « L'Espagne, disait le vieux Polybe deux siècles avant Jésus- Christ, n'est pas seulement riche, mais encore sous-riche, car les richesses de sa terre sont doublées des richesses du sous-sol, qui en font comme le coffrefort royal de l'éternité ».

On peut dire qu'en 1898 l'Espagne, réveillée, s'est mise au travail ^ Bilbao a pris la tête du mouvement.

Depuis longtemps, ses relations avec l'Angleterre et l'Europe industrielle préparaient Bilbao à ce rôle. Depuis 1861, ses mines de fer en faisaient le district le plus riche et le plus vivant de l'Espagne atlantique : les flottes minières du monde civilisé se donnaient rendez- vous dans sa rade, pour charger le fameux rubio, minerai inépuisable et presque pur, sans lequel les usines anglaises ou allemandes ne pourraient plus aujourd'hui soutenir la concurrence américaine. Bilbao, de 1861 à 1898, en a extrait plus de quatre-vingts millions de tonnes. Elle a dans ses mines des réserves pour quelque temps encore : cinquante-sept millions de tonnes, disent les experts,

1. Même quand je ne le dis pas expressément, tous les détails qui vont suivre sont empruntés : 1° aux rapports de Gaston Routier, délégué du Ministère français du Commerce; 2" aux Rapports commerciaux des agents français; 3** aux Diplomatie and Consular Reports, Annual Séries et îdiscellaneous Séries,

alors que, bon an mal an, son extraction ne dépasse guère cinq millions.

Bilbao éprouve pourtant le besoin d'assurer Favenir. Sur la périphérie maritime de la péninsule, elle a étendu ses entreprises, grâce aux capitaux asturiens qui, retour de Cuba, affluèrent vers elle, et grâce à la main-d'œuvre que la perte de Cuba faisait partout disponible. Sur toutes les côtes de l'Espagne, Bilbao a cherché des minerais semblables ou similaires aux siens, et partout elle en a trouvé. A ses portes d'abord, elle a rouvert les anciennes mines des Asturies et de la Galice; Santander, Gijon et la Corogne sont en passe de devenir de grandes places de commerce et de grands ports miniers :

La perte des Colonies a été une bénédiction déguisée, qui a ramené vers TEspagne ses capitaux asturiens et cubains, et qui les a tournés vers les entreprises commerciales. On estime que 45 p. 100 des capitaux engagés à Cuba et Porto-Rico appartenaient aux gens des Asturies, qui les ont réalisés, rapportés chez eux, puis engagés à nouveau dans les entreprises locales de Gijon et d'Oviedo, sans parler des grandes Compagnies de navigation. C'est ainsi que se sont fondées les grandes banques de Gijon (capital : 10 millions) et d'Oviedo (capital : 15 millions), les sucreries de Viéra, Liérès, Villaviciosa et Pravia, les tissages de Gigon, etc. *.

Santander 2, qui jadis vivait surtout du commerce colonial et de ses exportations de grains, de farine et de vin vers Cuba et Porto-Hipo, ne peut plus avoir d'avenir que par

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