‹ L'affranchie: comédie en trois actesChapitre 80 sur 97 · ACTE III. >*:t>T- Il ÎV · texte numérisé non relu

ACTE III. >*:t>T- Il ÎV

ai télégraphié la nouvelle Je la mort Je mon frère, elle m'a écrit Jes lettres merveilleuses : tenez, lisez, lisez. Il :ire ie> le::rv:> de sa poche et les tead à Julie::e.

NoD, non.

Si, si, lisez, je vous assure que oa on vaut la peine... C'est incroyable, hein ? Avouez que le plus malin s'y tromperait ? Oui, elle va venir tout à l'heure, et elle sera comme toujours à la hauteur Jes circonstances. Combien pariez-vous qu'elle vient en noir? Elle sera consolatrice et maternelle, elle dira les paroles qu'il faut dire, et toute la franchise sera dans ses veux.

Ah! cabotine, va! ,^11 donne un coup sur la table et casse la lasse dans laquelle Clémence apporta du thé.)

Jl'LIl'lTTE, sursaulaul.

Vous VOUS êtes fait mal?

I, ArPRÀNCmK

Je me suis coupé. Pauvre l)ol sa faute. Savez-vous ce que c'est que çi

montre lea débris de la lusse.)

NoD.

■fULIETTtjL'juï u uQ pvu |ieur-

n'est

C'est uu très vieux bol, c'est là dcdarii que l'on a servi ili ma mère et à ma grand'rnère le bouillon de la mariée, une jolie vieille coutume; c'est là dedans que la vieille Clémence, depuis dix ans, m'apportait du thé tous les matins, et le voilà brisé ; mais je suis sur qu'il ne m'en veut pas, car nos choses familières sont pleines de pilié pour nous, et s'il pouvait parler, il me dirait peut-être : v T'es-tu fait mal, mon enfant? s

JLXtGTTi:

Rog:er !

ROGER

Non,

ayez pas peur, je ne s

i [ou, 'I

*ie suis pas fou; mais parlons un peu d ■c*Vis. Qu'est-ce que vous devenez au m u^u de tout ça? Vous n'êles plus ave r lerre, naturellemenL.

Ah ! noD, Vous pensez tien que

P } ^1 acquis la preuve de sa trahison

ps.s voulu rester une minute de pli

F^*, et le soir même j'étais partie.

allais Mon depuis longtemps qu'il

P*Us le même, qu'il s'ennuyait avei

*^ ^sl surlout depuis Venise qu'i

'^**aiigé, mais il ne voulait rien me

^uvtant, ce n'est pas faute que ji

*-»a à son aise...

lorsque je n'ai us avec Oh! je n'était c moi ; 1 avait dire, et le met-

JULItlTTE

Oui, a. chaque instant je lui répétais : « Si * xae m'aimes plus, si tu as assez de moi,

ISS i^Arnuptcmi!

dis-le-moi, je disparailrui, c'est bien sii je me lucrai. ■>

liiniKH Vous lui disiez i;a?

Oui, mais vous savez comment il est, si faible ! il me jurait qu'il m'aimait. Ali ! vou& parliez de doute, tout à l'heure. Voilà ud au... oui, depuis la scène de l'atelier... il a dû vous raconter... quand je lui ai envoyé celte balU-w. J'ai eu bien tori, d'ailleurs, de lui pardonner, car depuis ce Jour-là j'ai vécu continuellement avec le doute et le soupçon, et c'est le plus torturant des supplices, c>9t une angoisse continuelle, c'est la têle vide de toute autre pensée; c'est le cœur qui bat à se rompre, comme si l'on vivait trop alors qu'on ne vit plus. Oui, vous aviez raison louL à l'heure, il vaut mieux savoir la vérité, aussi brutale qu'elle puisse être, mais savoir, savoir, savoir! Ma

Page 1