ACTE m, SCÈNE V
ANTON I A
Pourtant...
ROGKR
Non, ça ne vous regardait pas. Ça ne regardait que moi, vous entendez, que moi.
In amour, il faut s'attendre à tout. Tant pis pour les vaincus.
ANTONIA
Tout ça, ce sont des mots ; vous étiez sincère en me parlant de votre résignation, je veux bien, mais si je vous avais dit à ce moment-là que mon cœur était à un autre...
ROGER
Votre cœur? Ah, parlons-en de votre cœur!
Vous voyez bien, vous auriez rugi, vous auriez pleuré, votre amour-propre aurait saigné... d'ailleurs il suffit de vous voir en
ce moment.
Je û'ai pas d' amour-propre, je Youal liéjà dit. Le inonde entier peut savoir femme voua Mes, je vous demande un peu en quoi <;a peut m'atteindre? Vous semblez triompher parce que je suis en colfere, mais ce qui m'a mis en colère, si vous voulez que je voua le dise, c'est votre entrée tout à l'heure, c'est votre robe noire, c'est Werther, ce sont vos lettres que je relisais en vous allenUant, ces lettres que vous avez eu l"impuilence de m'ècrire et que je lisais avec attendrisse* ment tandis que vous étiez rue de Balzac avec Pierre, et que vous vous moquiez de moi, peut-être ; car j'étais Iiieu ridicule, n'est-ce pas, de vous aimer, de croire ea vous, pendant que vous lui disiez saae doute les mêmes paroles brûlantes que TOUS m'écriviez, pendant que vous aviez dans ses bras les mêmes enlacements, les mêmes souplesses, les mômes sorcelleries