ACTE 111, Sl-KNF. V
VOUS, car je nai jamais aimé que vous, toi seul, entends-tu. ^on? Alors si je ne l'aimais pas, pourquoi suis-je restée avec toi, cachée tout un été au fond d'une province, ne voyant que toi, et si triste quand je restais seulement une heure sans te voir?
Pourquoi m*as-tu faite tienne au point que nous pensions en même temps les mêmes choses et qu'à la même minute souvent nous disions les mêmes mots? Pourquoi les choses les plus simples, mais qui te concernaient, m'attenJrissaient-elIes jusqu'aux larmes? Car je t'aimais comme mon enfant, tu le sais bien... mais tu étais surtout mon maître. ïu ne te rappelles pas des nuits, à Venise, où j'étais si blanche, si blanche, que tu avais peur el que tu me croyais morle; et ici même, combien de fois suis-je venue pour cinq minutes, pensais-je ; mais nous restions des heures entières à dire des bêtises profondes. La nuit nous enveloppait comme en ce moment, et nous nous prenions éperdument dans le crépuscule.
mmim
2! 4 i/affranxhie
Il y a pourtant des choses qui ne mentent pas!
ROGKH, durement.
Et Pierre, qu'est-ce que vous en faites dans tout ça ?
ANTONIA
Ah ! je n'en sais rien, ne me parle de cet homme-là, j'ai honte de moi et j'ai horreur de lui, mais c'est fini, c'est fini, je te le jure... c'est bien fini.
ROGER
Pourquoi ça a-t-il commencé ?
ANTOMA
Ah ! pourquoi, pourquoi? je ne sais pas.
ROGER
Voyons, si vous m'aimez comme vous le dites, je vous conjure d'être sincère. Pourquoi avez-vous été sa maîtresse ?